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SaharaOccidental-Maroc : Le président Ghali appelle à la libération des prisonniers politiques sahraouis, le Maroc condamné pour torture

Publié par DK News le 16-12-2016, 16h37 | 68
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Le Président sahraoui, Brahim Gali, a appelé le SG de l’ONU, Ban Ki-moon à intervenir en «urgence» pour la libération des prisonniers politiques sahraouis, notamment le groupe de Gdeim Izik, alors que le Maroc vient d'être condamné par un Comité onusien pour torture sur le prisonnier Ennaâma Asfari.

Dans un message au SG de l’ONU, repris par l'Agence sahraouie SPS vendredi, le président Ghali a rappelé que «la responsabilité de l'ONU incluait la libération des prisonniers politiques sahraouis de Gdeim Izik, Embarek Edaudi, Yahia Mohamed Hafed et tous les prisonniers politiques sahraouis dans les prisons marocaines, ainsi que le sort de plus de 651 disparus sahraouis et victimes de la répression marocaine.»

«Voilà l’année 2016 qui s’achève avec de nouvelles violations marocaines à travers une nouvelle pièce théâtrale en annonçant un procès civil pour les détenus de Gdeim Izik devant la cour d’une puissance d'une occupation militaire illégale», a estimé le Président Ghali, également secrétaire général du Front polisario.

Le président sahraoui a en outre appelé l’ONU à la décolonisation du Sahara occidental et la nécessité d’une intervention rapide des Nations unies pour garantir et la protection des droits de l'homme dans les territoires occupés, regrettant que la MINURSO demeure la seule mission des Nations unies sans composante de suivi de la situation des droits de l'homme, à l’instar des autres missions dans le monde.

Il a également indiqué que le Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme n’a dépêché aucune mission au Sahara occidental durant l’année 2016.
Par ailleurs, les prisonniers politiques sahraouis du groupe de Gdeim Izik ont imputé à l’Etat d’occupation marocaine «toute la responsabilité des crimes contre l’humanité commis durant le démantèlement par la force du camp de Gdeim Izik», réclamant la libération immédiate et sans condition de tous les prisonniers.

Le  Maroc condamné pour torture

Dans sa décision cette semaine, le Comité de l'ONU contre la torture a affirmé que le traitement qu'ont réservé les autorités marocaines au prisonnier sahraoui, Ennaâma Asfari, lors de son arrestation, de son interrogatoire au commissariat, puis à la gendarmerie de Laâyoune, constituent des faits de torture en raison de leur gravité, appelant à l'indemnisation équitable du prisonnier par le Maroc.

Conformément au paragraphe 4 de l'article 22 de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, le Comité des Nations unies contre la torture affirme que les déclarations du plaignant (Ennaâma Asfari), selon lesquelles les sévices physiques qu'il a subis lors de son arrestation, de son interrogatoire au commissariat, puis à la gendarmerie de Laâyoune, ainsi que le traitement subi pendant son transfert en avion afin de lui extorquer des aveux, constituent des actes de torture en raison de leur gravité», affirme le comité dans sa décision datée du 12 décembre.

L'instance onusienne rappelle sa jurisprudence qui stipule que toute personne privée de liberté doit bénéficier d'une assistance juridique et médicale prompte et indépendante, et doit pouvoir prendre contact avec sa famille afin de prévenir la torture».

Tenant en compte que, selon M. Asfari, n'a eu droit à aucune de ces garanties et en l'absence de réponses convaincantes du Maroc, le Comité «considère que les sévices physiques et blessures subis par le plaignant pendant son arrestation, interrogation et détention constituent, tels que présentés, d'actes de torture au sens de l'article 1 de la Convention», a-t-on relevé.

Le Comité relève par ailleurs qu’aucun examen médical n’a été requis par le juge d’instruction militaire alors que M. Asfari présentait manifestement des traces de violence physique, et qu’aucune enquête n’a été menée à ce sujet. Le Comité rappelle que la réparation doit impérativement couvrir l’ensemble des dommages subis et englobe la cessation, l’indemnisation, ainsi que des mesures propres à garantir la non-répétition des violations, en tenant toujours compte des circonstances de chaque affaire.

Enaâma Asfari, détenu au Maroc depuis 2010 où il purge une peine de 30 ans de prison, a été arrêté avec 22 autres militants pour l'indépendance du Sahara occidental.

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