La justice tchadienne jugera prochainement dix membres présumés du groupe armé nigérian Boko Haram, arrêtés après un double attentat-suicide en juin dans la capitale N'Djamena, a annoncé lundi une source judiciaire. Il s'agira du premier procès au Tchad de membres présumés de Boko Haram.
La Chambre d'accusation de la Cour d'appel de N'Djamena a renvoyé lundi devant la Cour criminelle les dix accusés, à une date non précisée. Parmi les 10 accusés figure Mahamat Mustapha alias Bana Fanaye, un Nigérian, présenté par les autorités comme le «cerveau» de ces attentats commis le 15 juin: ce jour-là, deux attentats-suicides simultanés contre le commissariat central et l'école de police de N'Djamena ont fait 38 morts, dont les trois kamikazes, et 101 blessés. «Les dix auteurs présumés sont poursuivis pour assassinat à l'aide d'explosifs, détention illégale d'armes de guerre, et association de malfaiteurs», selon la même source.
«Ils ne sont pas poursuivis pour terrorisme parce que la loi portant répression sur le terrorisme n'a pas encore été promulguée», a expliqué la même source, ajoutant: «C'est à la Cour criminelle de qualifier le délit et de procéder à leur jugement».
Le 12 juillet, un nouvel attentat, revendiqué par Boko Haram, a encore frappé N'Djamena: Un kamikaze déguisé en femme s'est fait exploser sur le marché central, faisant au moins 15 morts et 80 blessés. L'armée tchadienne est engagée dans une opération militaire régionale depuis le début de l'année contre l'insurrection de Boko Haram qui s'est étendue au-delà du nord-est du Nigeria, son fief historique, vers les pays limitrophes: Tchad, Niger et Cameroun.