Comme chaque année, le Cours international de formation médicale continue est de retour. Organisé par le service de médecine interne du Centre hospitalo universitaire Saaâdna-Abdenour et les Journées médicales de Sétif (JMS), à l'Institut national supérieur de formation paramédicale, cette 12e édition du Cours international de formation médicale continue regroupe cette année 100 médecins généralistes, des deux secteurs public et privé, de 46 wilayas du pays, et 20 médecins étrangers venus du Bénin, Congo, Mauritanie, Palestine, Côte d'Ivoire, Sénégal et Tunisie.
Ces participants sont encadrés pour une durée d'une semaine par 39 enseignants, professeurs, professeurs agrégés, maîtres- assistants, spécialistes, etc. Interrogé sur les objectifs de cette 12e édition, après le succès des précédentes, le Pr Rachid Malek, président du comité d'organisation et administrateur du cours, médecin-chef du service de médecine interne du CHU de Sétif nous déclare :
«C'est la formation médicale continue. C'est une formation destinée aux médecins généralistes. C'est pour l'ensemble du pays, nous avons 46 wilayas. Nous comptons même huit pays étrangers. L'objectif, c'est toujours l'amélioration des connaissances, avec l'aboutissement à l'amélioration aussi de la prise en charge des patients diabétiques. On donne les cours aux médecins participants sous forme d'enseignement théorique durant une semaine, soit 20 heures et 10 heures d'enseignement pratique, et 2 heures de vidéo projection».
A la question de savoir comment se présente cette maladie avec tous les progrès constatés, notre interlocuteur souligne : «Pour cette maladie, la situation actuelle n'est plus celle d'avant. Elle a évolué et on enregistre beaucoup d'améliorations, ne serait-ce que dans les moyens de dépistage et de diagnostic. De ce côté-là, il n'y a pratiquement plus de problème. On diagnostique suffisamment à temps le diabète.
On dispose pratiquement de toutes les thérapeutiques qui existent actuellement dans le monde. Néanmoins, il nous reste quelques difficultés dans le bilan des complications et la prise en charge des patients compliqués, mais cela viendra petit à petit. L'évolution du diabète par rapport au passé est positive. On ne voit plus les catastrophes d'avant, telles que les amputations, les cécités, les insuffisances ont beaucoup diminué.
L'espérance de vie des diabétiques a augmenté grâce au traitement précoce et à l'équilibre du diabète. Nous n'avons pas l'équilibre espéré certes, et escompté voulu, le pourcentage des patients qui atteint l'équilibre n'atteint pas les proportions que l'on souhaite, mais cela viendra petit à petit».
Et les normes dans tous cela ? «Pour les normes, poursuit-il, si l'on parle de l'Algérie, on est à peu près de l'ordre de 25% des patients qui atteignent l'objectif thérapeutique qui sont bien équilibrés.
Les autres restent plus ou moins déséquilibrés, mais par rapport au passé, les chiffres sont considérablement améliorés. Pour l'épidémiologie c'est difficile d'avancer des chiffres. Pour la wilaya de Sétif, nous sommes dans une fourchette de 10 à 12% de diabétiques type 2, c'est-à-dire sur 100 personnes, il y a 10 à 12 diabétiques. Le deuxième problème c'est que parmi ces diabétiques, un tiers reste méconnu, ils ne savent pas qu'ils sont diabétiques».
Si vous avez un conseil à donner ? «Les conseils sont destinés d'abord à la population à risque. C'est-à-dire les gens qui sont susceptibles d'avoir un diabète. Ce sont des gens qui ont des parents diabétiques, qui dépassent 35 ans, qui sont en surcharge ou en obésité, des femmes qui ont des bébés de plus de quatre kilos durant leur accouchement, ceux qui ont l'hypertension artérielle élevée et qui ont des lipides dans le sang.
Il y a ceux qui ne bougent pas, ne font pas de sport, ne marchent pas etc. Cette catégorie-là doit réaliser une glycémie une fois par an. C'est une manière de diagnostiquer le diabète à temps, sans perdre du temps. Le 2e conseil à donner aux gens, c'est de réduire leur poids et de marcher, au moins une heure par jour et de manger convenablement, sans excès etc.»
Ce qui est attendu de cette rencontre scientifique, le Pr Malek le précisera : «Ce qu'on a fait depuis 12 ans on le voit dans la pratique, des retombées sur les médecins généralistes. Ils font un travail considérable. Ils ont amélioré la prise en charge, il nous ont permis de ne plus recevoir au CHU de patients au début d'un diabète, les comas, quand c'est trop tard. Les médecins généralistes sont les premiers à recevoir les diabétiques.
On passe maintenant à une autre étape de perfectionnement, de réseaux, étape d'améliorer les dépistages. Il faut dédramatiser, on passe maintenant à l'étape d'éducation sanitaire de la population, et des patients diabétiques, on peut passer après à la prévention, le traitement et l'autoprise en charge. Grace à l'ensemble des médias, on arrivera à une meilleure sensibilisation. On arrivera aussi grâce au ministre de la Santé à un plan national de lutte contre le diabète».
Impressions ...
Voici quelques impressions de médecins étrangers participant à ces cours de formation continue : Dr Matali Suzanne, 37 ans, venue du Congo : «Je suis docteur en médecine depuis l'année 2006. Je suis en spécialisation en endocrinologie. J'ai eu des collègues qui sont passés en formation à Sétif durant les années précédentes, ils étaient très satisfaits et cela leur a apporté une belle expérience, vu qu'il y a des professeurs très compétents, un programme très riche, des vidéos conférences. Toujours est-il, que c'est intéressant d'échanger des expériences et on apprend beaucoup sur le plan médical et sur tous les plans aussi. Pour le côté de l'accueil, c'est très chaleureux. On est très bien pris en charge».
Dr Lamime Sarr, 35 ans du Sénégal : «Je tiens tout d'abord à remercier le peuple algérien de l'accueil chaleureux qui nous a été réservé à notre arrivée, plus particulièrement les Sétifiens. Les cours sont très intéressants, il y a d'abord des échanges d'expériences, mais aussi il y a des présentations faites par des professeurs d'universités qui réactualisent nos connaissances en matière de diabète. Ceci va renforcer et augmenter nos capacités en diabétologie pour évidemment à notre retour dans notre pays améliorer la prise en charge de nos patients diabétiques.
A Sétif, nous avons eu beaucoup de nouvelles recommandations dans la prise en charge de cette maladie. Je suis pris totalement en charge par les organisateurs en Algérie.
Dr Gnoanrou Alexis, 57 ans de Côte d'Ivoire : «Je suis médecin généraliste des hôpitaux depuis 1991 et le diabète m'intéressait, puisque mon père diabétique est décédé et ma mère l'est aussi. Un projet de diabète a été créé chez nous en Côte d'Ivoire par un laboratoire pharmaceutique très connu. Nous avons été primés, mon collègue ici présent aussi à Sétif par ce laboratoire et c'est ce qui nous a fait venir.
En un mot, nous avons été récompensés pour notre travail sur le diabète après inspection de ce laboratoire. Je sais qu'après notre séjour ici à Sétif, nous serons plus performants. Cela nous a permis de voir l'ampleur du diabète, et comprendre qu'il est au centre de toutes les pathologies médicales. Lorsqu'on aura connu le diabète, on aura connu beaucoup de maladies médicales. Mes impressions sont bonnes par la simplicité des gens, l'accueil et les cours sont de haut niveau. Je trouve que l'Algérie est un peu développé, émergent, la ville de Sétif est propre».
Dr Kouame Koffi Jean-Pierre, 46 ans de Yamoussoukro en Côte d'Ivoire :«Je suis médecin généraliste à l'hôpital régional de ma ville depuis 2007. Je m'occupe actuellement des diabétiques dans une structure que l'on la microclinique du diabète. A la fin de 2014, un grand laboratoire pharmaceutique nous a sélectionnés pour venir participer à cette formation de Sétif. Je sais que les enseignants que nous avons sont de qualité, nous avons beaucoup appris ici. J'espère que ce sera enrichissant pour nous avec ces échanges.
Les gens sont très accueillants, c'est très sympa on les remercie vivement. L'Algérie est un très beau pays. Je ne m'attendais pas du tout à cela, nous avions une autre vision à travers les chaines de télévision. J'ai été agréablement surpris par le haut niveau de développement. Il y avait le côté de l'architecture, les sites touristiques, c'est beau tout cela».