Monde

Yémen: Accord de paix après plusieurs jours de violences à Sanaa

Publié par DK News le 22-09-2014, 15h25 | 21
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Après plusieurs jours de combats meurtriers à Sanaa entre rebelles houthis et factions sunnites, fidèles au gouvernement, un accord de pacification a été signé dimanche soir au Yémen sous les auspices de l'ONU.

Le texte a été paraphé en présence du président Abd Rabbo Mansour Hadi et des représentants des factions politiques dont la rebellion d'Ansarullah, dits les houthis, selon l'agence officielle Saba.

L'accord prévoit une cessation «immédiate» des hostilités, la nomination sous trois jours d'un nouveau Premier ministre et la formation dans un mois d'un nouveau gouvernement, a indiqué l''émissaire de l'ONU sur place, Jamal Benomar, lors de la cérémonie de signature.

Deux négociateurs de la rébellion d'Ansaruallah, Mehdi Machchat et Hussein al-Ezzi, étaient présents dimanche soir à la présidence de la République où l'accord de sortie de crise a été signé. Depuis jeudi, des combats entre les miliciens chiites et des combattants affiliés au parti sunnite Al-Islah ont fait des dizaines de morts à Sanaa.

Juste après la signature de l'accord de paix, la police militaire a pris des mesures pour «reprendre tous les bâtiments gouvernementaux dont les rebelles d'Ansaruallah avaient pris le contrôle», et cela «à la demande d'Ansaruallah», toujours selon Saba.

Les services de sécurité ont été pour leur part appelés à «ne pas affronter» les houthis, dans une déclaration attribuée au ministre de l'Intérieur.
Avancée significative des rebelles,Sanaa paralysée.

Cet accord a été annoncé au terme d'une journée marquée par des avancées spectaculaires des rebelles armés dans la capitale où ils ont pris possession de sites militaires et stratégiques. La radio d'Etat, le commandement général des forces armées, le QG de la 6e région militaire, le siège de la 4e brigade, le département de la propagande du ministère de la Défense, mais aussi le Parlement, la Banque centrale et l'Aviation civile étaient auparavant tombés aux mains des rebelles qui avaient fait de grandes avancées vers le centre de Sanaa, selon des responsables.

Pendant quatre jours, les combats ont également provoqué la suspension des vols de compagnies étra ngères, l'aéroport étant situé dans la zone des affrontements. L'université de Sanaa, les écoles et les marchés ont été fermés.

Les habitants des quartiers Nord ont fuit en masse la zone des combats. De fortes explosions ont secoué dimanche le nord de Sanaa, alors que les échos des bombardements et des tirs en provenance de ce secteur étaient clairement audibles dans le reste de la capitale. Malgré l'instauration d'un couvre-feu nocturne décrété samedi par les autorités dans quatre quartiers du nord de Sanaa, les affrontements n'ont pas cessé durant la nuit.

Ils se sont concentrés d'abord autour du campus de l'université Al-Iman, un bastion des salafistes membres d'Al-Islah, avant de s'étendre à d'autres quartiers.

Les rebelles veulent davanage de pouvoir

Malgré des concessions du pouvoir, qui a accepté la formation d'un nouveau gouvernement et la baisse des prix du carburant, les rebelles houthis n'ont pas cessé leur offensive, ignorant même une injonction du Conseil de sécurité de l'ONU.

Ils ont au contraire revu à la hausse leurs demandes, exigeant un droit de regard sur le choix des ministres et un accès de leur région à la mer. Selon April Longley, spécialiste du Yémen à l'International Crisis Group, «l'enjeu pour les rebelles est d'arracher une part du pouvoir». «Les Houthis veulent être de puissants décideurs à l'échelle nationale avec une part (de pouvoir) égale, voire supérieure, à celle de leurs principaux rivaux politiques d'Al-Islah.

Le plafond de ce qu'ils pensent pouvoir obtenir augmente en fonction de ce qu'ils gagnent sur le terrain», a-t-elle déclaré.Après avoir campé début août aux entrées de la capitale et organisé des manifestations pour demander l'éviction du gouvernement «corrompu», les rebelles ont durci leur mouvement en lançant un premier assaut le 9 septembre contre le siège du gouvernement.

Issus du zaïdisme, les houthis sont, une branche du chiisme majoritaire dans le nord du Yémen, alors qu'à l'échelle nationale, les sunnites sont prédominants.

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