Quatre personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées à Bangui dans des violences qui ont suivi la démission du président centrafricain de transition Michel Djotodia et celle de son Premier ministre Nicolas Tiangaye vendredi, a affirmé samedi un responsable sécuritaire.
«En marge des scènes de joie observées vendredi à Bangui après l'annonce de la démission du chef de l'Etat par intérim et ex-leader de la coalition rebelle Séléka et de son Premier ministre (...) des menaces d'attaques des milices d'autodéfense anti-Balakas (chrétiens) ont été signalées» à travers la ville, a indiqué le colonel Christian Narkoyo, responsable de la gendarmerie locale.
Des éléments de ce groupe armé, déclaré fidèle à l'ancien régime de François Bozizé, ont notamment attaqué la résidence du général Ibrahim Dafadi, sous-chef d'état-major chargé des opérations dans la nouvelle armée, faisant un mort et plusieurs blessés, a-t-il précisé.
A Cantin, les soldats burundais de la Mission africaine de stabilisation MISCA «sont à pied d'oeuvre pour repousser ces miliciens chrétiens qui, dans leur offensive contre les ex-Séléka, sèment la terreur à Bangui et d'autres villes du pays», a révélé le colonel Narkoyo, ex-porte-parole militaire de l'ex-rébellion.
Une autre attaque anti-Balakas contre une caserne militaire de la capitale, a tué un ex-Séléka et blessé deux autres vendredi après-midi aux environs de 15 heures locales, a-t-il encore signalé, ajoutant que «deux jeunes ont été tués vers 19 heures (hier) par des tirs de Sangaris à Miskine».
La démission des deux dirigeants est intervenue suite à une réunion, organisée dans la capitale tchadienne N'Djamena, au cours de laquelle les leaders régionaux avaient exhorté les autorités de transition à déployer davantage d'efforts pour parvenir à la paix. M. Djotodia était arrivé au pouvoir en mars 2013 après avoir renversé l'ancien président Francois Bozize, qui s'est exilé à l'étranger.
Assurant une transition de 18 mois, le nouveau gouvernement était perturbé par les conflits entre les membres de la Séléka à majorité musulmane et les chrétiens pro-Bozize. Plus de 3.000 personnes ont été tuées dans la crise et 1,6 millions d'autres ont été déplacées.