Histoire

20 août 1955 à Guelma Faire mal au colonialisme, objectif de l’offensive du Nord constantinois

Publié par DK NEWS le 19-08-2020, 17h47 | 12
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Parmi les acteurs de l'offensive rencontrés par l’APS à l’occasion de la commémoration du 65ème anniversaire de l’offensive du Nord constantinois, le moudjahid Ahmed Cherif Chiheb, qui avait alors 25 ans et en a aujourd’hui 90, avait fait exploser le bureau de poste de la commune de Héliopolis au Nord de Guelma. 
Ce nonagénaire confie avoir porté la bombe artisanale que lui avaient remise les moudjahidine de la localité d’Ain Sayd jusqu’à la poste ciblée "avec enthousiasme et joie", assurant que la seule pensée qui le tracassait alors était de réussir l’opération et semer la panique parmi les français. 
"Bien que j’avais alors 25 ans, marié et père de sept enfants, je n’ai ressenti aucune hésitation ni peur lorsque mes responsables m’avaient chargé d’accompli r cette mission à midi pile du samedi 20 août 1955", affirme le moudjahid Ahmed Cherif Chiheb, précisant avoir allumé la mèche de la bombe artisanale avec la cigarette qu’il fumait avant de la lancer à l’intérieur du bureau de poste. 
Dès l’accomplissement de sa mission, ce moudjahid se souvient de s’être replié lui et les quatre autres membres de son groupe vers la mechta Ain Sayd au milieu de la forêt des monts Houara. 
Les trois autres groupes chargés de mener des actions à Héliopolis avaient pour missions de frapper les deux bars de la ville fréquentés par les colons et de couper la route entre cette ville et celle de Guelma. 
Opérations de ratissage à la recherche des auteurs des attaques
Le retentissant succès de ces opérations militaires dans la région avait suscité une vague de joie chez les habitants des villages et mechtas, tandis que la folie s’était emparée des français qui, en représailles, lancèrent de multiples actions de ratissage à la recherche des moudjahidine, assure dans son témoignage Chiheb qui note, toutefois, qu’"après quelques jours, l’armée d’occupation était parvenue à identifier et à arrêter les exécutants des attaques suite à une traîtrise." Le moudjahid nonagénaire raconte que vers la fin du mois d’août 1955, l’armée française encercla la nuit son domicil e familial dans la localité de Bouzitoune et réussit à l’arrêter et à l’interner pendant 15 jours dans la caserne militaire du centre-ville de Guelma, avant de le transférer vers la prison de Lambèse, à Batna, puis le camp du Djorf, à M’sila. 
C’est dans ce dernier camp que ce moudjahid fit la connaissance du poète Mohamed Chebouki avec qui il assure avoir noué une amitié qui avait duré jusqu’à la mort du poète en 2005. 
Il fut ensuite transféré à la prison d’Oran avant d’être libéré après deux années d'incarcération. Des témoignages de moudjahidine, aujourd’hui décédés, recueillis de leur vivant par l’association de l’histoire et des monuments historiques de Guelma, soulignent que les attaques menées les 20 et 21 août 1955, dans la région de Guelma avaient eu un grand succès. 
Ils assurent également que les participants à ces opérations avaient été réunis dans la montagne Ezzemane de Skikda sous le commandement du chahid Zighoud Youcef pendant trois jours consacrés à la préparation et à la planification. 
Les mêmes sources notent que les actions militaires les plus retentissantes avaient ciblé des sièges militaires et de gendarmerie, ainsi que des fermes et des commerces de colons à Bouati Mahmoud, El Fedjoudj, Héliopolis sur l’axe Guelma/Skikda, Hammam Debagh, Roknia et Bouhemdane sur les l imites de la wilaya de Skikda, ainsi que dans la région d’Oued Zenati. 
Les opérations projetées dans les deux communes d’Ain Larbi et Guelma avaient été reportées au 21 août 1955 en raison du retard dans l’acheminement des armes, précisent les moudjahidine dans leurs témoignages. 

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