L'Organisation de la Coopération Islamique (OCI) a unanimement rejeté, au terme des travaux de la réunion d'urgence à composition non limitée du Comité exécutif de l'Organisation, hier à Djeddah, le plan de paix américain «Deal du siècle», affirmant qu'il manque des éléments les plus élémentaires de justice et sape les fondements de paix.
Le plan de l'administration américaine annoncé récemment par le président Donald Trump «manque des éléments de justice les plus simples et sape les fondements de paix, à commencer par les références juridiques et internationales convenues pour une solution pacifique», souligne la Déclaration finale ayant couronné les travaux de la réunion ministérielle de l'OCI. «Ce plan sape davantage les règles du droit et des normes internationales, notamment l'interdiction d'annexer la terre par la force, rend légitime le colonialisme et constitue une menace pour la paix et la sécurité internationales», ajoute le texte.
Les participants à la réunion de l'OCI estiment aussi que le plan de paix américain «qui ne répond pas aux aspirations minimales et aux droits légitimes du peuple palestinien» intervient en contradiction avec le processus de paix, appelant «tous les Etats membres à ne pas traiter ce plan ou à coopérer avec l'administration américaine pour le mettre en £uvre de quelque manière que ce soit».
Ils ont ainsi exprimé leur «rejet catégorique de tout plan, accord ou initiative soumis par une quelconque partie pour un règlement pacifique, qui ne soit pas compatible avec les droits légitimes et inaliénables du peuple palestinien». Ils ont aussi exprimé leur «regret de l'approche partiale du Plan qui adopte pleinement la version israélienne et qui ambitionne justifier l'annexion de vastes zones de l'Etat palestinien occupé sous le prétexte de préserver la sécurité d'Israël, en violation flagrante des principes du droit international, de la Charte des Nations Unies et des résolutions internationales pertinentes».
Soutien indéfectible de l’Algérie
L'Algérie était représentée à la réunion par le secrétaire d'Etat chargé de la Communauté nationale et des Compétences à l'étranger, Rachid Bladehane. Les participants ont examiné «la position» de l'OCI concernant «les derniers développements de la question palestinienne suite à l'annonce de ce qui est appelé «le Deal du siècle». La réunion a été l'occasion pour l'Algérie de réitérer sa position en «soutien aux droits légitimes inaliénables du peuple palestinien, à leur tête son droit à l'établissement de son Etat indépendant avec El-Qods Echarif pour capitale, ainsi que son refus de la politique du fait accompli lorsqu'il s'agit de cette cause juste.
Israël tenu pour responsable de la détérioration de la situation sur le terrain
Les participants à la réunion de l'OCI ont tenu, en outre, Israël, l'autorité d'occupation illégale, pour responsable de la détérioration de la situation sur le terrain en raison de son déni des accords, de son mépris de la légitimité internationale et de la poursuite de la politique de colonisation, d'annexion, de racisme et de nettoyage ethnique pratiquée contre le peuple palestinien dans le territoire palestinien occupé, y compris El Qods-Est occupée. Ils ont également mis en garde Israël contre «toute mesure ou initiative visant à consolider son occupation coloniale sur le territoire de l'Etat de Palestine, y compris l'annexion de toute partie de l'Etat de la Palestine occupée», appelant «la communauté internationale et ses institutions à faire face à toutes les pratiques israéliennes». Ils ont affirmé leur position aux côtés du peuple palestinien et de son seul et légitime représentant, l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) et le président Mahmoud Abbas, face à toute conspiration visant leurs droits légitimes inaliénables, appelant à cet égard les Etats membres à «soutenir tous les efforts juridiques, politiques et diplomatiques palestiniens dans toutes les instances internationales».
La Déclaration finale a souligné, aussi, son attachement à la paix en tant qu'option stratégique pour résoudre le conflit, sur la base d'une solution à deux Etats qui incarne l'indépendance et la souveraineté de l'Etat de Palestine sur le modèle du 4 juin 1967 et de sa capitale El Qods-Est, conformément aux décisions de légitimité internationale et aux références internationales adoptées et à l'initiative de paix arabe.
A ce propos, la Déclaration a souligné l'importance de l'initiative politique palestinienne présentée par Mahmoud Abbas devant le Conseil de sécurité des Nations Unies le 20 février 2018, appelant à une conférence de paix internationale et à la formation d'un mécanisme multilatéral international, afin de relancer un processus politique significatif, basé sur les règles du consensus et du droit international, suivant un calendrier clair.