Pour le président français, dont les amis rêvaient de voir le raz de marée qui l’a porté à la présidence déferler aussi sur le Sénat pour lui donner les pleins pouvoirs, le vœu n’a pas été exaucé, et c’est le moins que l’on puisse dire. Les prévisions optimistes des cadres du parti LREM, n’ont pu être atteintes lors des dernières élections sénatoriales du 24 septembre, ouvrant la voie à de nombreuses analyses et supputations sur le véritable impact de ce que d’aucuns qualifient de ‘’débâcle’’ aux sénatoriales.
Le mouvement du président français devra ainsi se contenter de 24 sièges, contre 29 précédemment, alors que l’encadrement de son parti en espérait près d’une cinquantaine. C’est l’opposition de droite conduite par le parti Les Républicains (LR) qui tire le gros lot en s’octroyant 171 sièges alors qu’elle n’en disposait que de 142. Victime collatérale la plus touchée lors des dernières élections présidentielles, le parti socialiste, pourtant en pleine déconfiture, a tout de même pu, lui aussi tirer son épingle du jeu en perdant «moins d’influence que prévu : avec 69 sièges contre 86 avant, ils limitent la casse », commente site www.francetvinfo.fr.
Du coup les regards se portent sur les ambitions de réformes promises par Macron, et sur leur faisabilité au regard de la nouvelle donnée qui voit ainsi la majorité présidentielle, très large au Parlement, réduite à sa plus simple expression au Sénat. Les observateurs qui gardent en mémoire les promesses de réformes qui ont mené Emmanuel Macron sur le piédestal de l’exécutif français, tentent de jauger la nouvelle situation pour mesurer l’ampleur de la tâche à accomplir.
La presse française rappelle en effet les engagements pris le 3 juillet dernier à Versailles devant les deux chambres du parlement français auxquelles quand il a promos de concrétiser d’ici 2018, un certain nombre de grandes réformes notamment, « limiter le cumul des mandats dans le temps, réduire d’un tiers le nombre de parlementaires, supprimer la Cour de justice de la République, réformer le Conseil économique et social et introduire une dose de proportionnelle à l’Assemblée nationale et au Sénat », lit-on sur www.francetvinfo.fr; par un calcul simple, le journaliste de ce site estime que pour y parvenir, écrit-il,, « Emmanuel Macron devait réunir 3/5es des parlementaires, soit 555 sur 925. Entre les députés et les sénateurs, il peut compter sur au moins 376 voix : 331 élus LREM et au moins 45 élus du MoDem, sans parler des Républicains "constructifs".
Il manquerait environ 179 voix au président pour enclencher les révisions. Un gouffre.» Ses partisans se préparent déjà à cette nouvelle configuration où il leur faudra batailler dur pour faire passer les projets de loi : « Ce que je crois, c'est qu'au Sénat, tout va se passer loi par loi, texte par texte. Les réformes de transformation que vont proposer le gouvernement et le chef de l'Etat vont être scrutées au Sénat, passées au crible, et on trouvera des majorités », affirme, optimiste, le chef de file LREM au sénat François Patriat.
Macron doit nourri encore quelques secrets espoirs de jouer sur la gamme des alliances pour se donner un majorité confortable au Sénat ; l’élection du nouveau président du Sénat constituera un moment important pour la suite de cette reconfiguration en cours du paysage sénatorial français. Se partisans essaient dans le même temps de vendre l’idée que le résultat des sénatoriales est tout à fait conforme à la spécificité de ce scrutin. Ils développent l’argument de ce politologue français, cité par le site lexpress.fr, selon lequel « 95% du corps électoral est composé d'élus municipaux, issus des élections municipales de 2014 », date à laquelle le part LREM n’existait pas encore.
Sauf que dans ses mêmes déclarations, il explique au site de l’hebdomadaire français, deux autres raisons importantes à ses yeux pour expliquer la déroute du parti de Macron : « Un niveau d'impopularité global, pour commencer. De nombreux grands électeurs des petites communes, sans étiquette partisane, votent en réalité comme vous et moi. Comme vous et moi, ils ont été atteints par ce mouvement de défiance collective », explique-t-il.