Le Défenseur hongrois des droits, Attila Péterfalvi, s'est alarmé lundi d'un projet de loi visant à centraliser les données personnelles et à en déréglementer l'accès par les autorités, une menace "grave" aux droits des citoyens, selon lui.
Discrètement déposé fin juillet au Parlement, le texte permettrait la surveillance des citoyens sans qu'ils en aient la connaissance et hors de tout contrôle judiciaire, a-t-il relevé sur les ondes de la radio Klubradio.
"Le projet de loi confierait à une organisation centrale de stockage de données les enregistrements d'images et de sons réalisés par divers organes, les traitant uniformément", a détaillé M. Péterfalvi, qui préside l'Autorité hongroise pour la protection des données.
"Le système rendrait quasi-automatique l'accès aux données personnelles récoltées par les différentes autorités comme les polices nationale ou municipales, les opérateurs routiers ou autres", a-t-il ajouté, évoquant un "grave problème" pour les libertés publiques.
Selon le nouveau système, les autorités pourrait rechercher librement des données dans le système centralisé, sans plus avoir ni à se justifier ni à requérir d'autorisation.
La consultation de données par des agents ne serait en outre pas nécessairement traçable, ce qui rendrait "le contrôle ultérieur beaucoup plus difficile", a indiqué M. Péterfalvi.
Selon lui, il faudrait qu'a minima les utilisateurs du dispositif aient à motiver leur démarche et que l'accès aux données recueillies dans le cadre d'Eglises, de bureaux de vote ou d'assemblées politiques fasse l'objet de restrictions.
Elaboré par le gouvernement de Viktor Orban, un dirigeant conservateur régulièrement accusé de dérives autoritaires, le projet de loi doit encore être examiné par le Parlement.