Le «silence électoral» est de mise samedi en Italie à la veille d'un référendum constitutionnel pour lequel vont se prononcer dimanche quelque 50 millions d'électeurs, jugé crucial pour le Premier ministre Renzi.
La réforme pour laquelle se pronnceront les Italiens prévoit une réduction drastique des pouvoirs du Sénat, une limitation des prérogatives des régions et la suppression des provinces.
Le résultat qui reste incertain, rend nerveux les marchés financiers qui redoutent, après le choc du Brexit (sortie britannique de l'UE) et la montée des mouvements populistes, une nouvelle phase d'instabilité dans la troisième économie de la zone euro, selon les analystes.
La classe politique italienne, de l'extrême-gauche à l'extrême-droite en passant par les populistes du Mouvement 5 Etoiles (M5S) ou de la Ligue du Nord, et même des «frondeurs» du Parti démocrate (PD) de M. Renzi, appelle à voter «non» en dénonçant le risque d'une trop forte concentration des pouvoirs dans les mains du chef du gouvernement.
Les mêmes observateurs estiment que le scrutin a aussi pris la forme d'un plébiscite pour ou contre M. Renzi (centre-gauche), qui a encore accentué son «omniprésence» dans les médias et sur les réseaux sociaux pour défendre «sa» réforme, censée simplifier la vie politique dans un pays ayant vu défiler 60 gouvernements depuis 1948.
Les derniers sondages qui remontent à deux semaines, car ils sont interdits pendant les 15 jours précédant le scrutin, donnaient 5 à 8 points d'avance au non, mais avec encore beaucoup d'indécis.