Le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier a affirmé mardi que la décision de poursuivre ou non le processus d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne (UE) appartenait à Ankara et non pas à Bruxelles.
"Certaines personnes soutiennent que les négociations doivent être interrompues.
Je suis d'un autre avis", a déclaré M. Steinmeier lors d'une conférence de presse avec son homologue turc à Ankara.
"La décision de savoir si la Turquie doit ou non se rapprocher davantage de l'Europe ne doit pas être prise en Europe ou dans les capitales (européennes), mais en Turquie", a-t-il poursuivi.
Le déplacement de M. Steinmeier qui sera reçu par le président et le Premier ministre turcs, intervient alors que les relations entre l'UE et la Turquie, déjà tumultueuses, se sont tendues davantage après la tentative de coup d'Etat avorté du 15 juillet qui a été suivie de vastes purges.
M. Steinmeier, désigné lundi pour être le prochain président de l'Allemagne, a indiqué avoir échangé avec son homologue turc Mevlüt Cavusoglu "des vues divergentes" au sujet des arrestations massives en Turquie. "Nous avons de sérieuses préoccupations au sujet de la situation après la tentative de putsch", a-t-il souligné.
Après le coup de force, les autorités turques ont arrêté, suspendu ou limogé des dizaines de milliers de personnes, suscitant des critiques de la part des partenaires occidentaux d'Ankara. Vienne a appelé à suspendre le processus d'adhésion de la Turquie au bloc européen.
Le chef de l'Etat turc Recep Tayyip Erodgan a prévenu lundi qu'Ankara organiserait un référendum sur le processus d'adhésion à l'UE si aucune décision n'était prise par Bruxelles d'ici "la fin de l'année" sur la suite des négociations.