Le gouvernement britannique ne dispose pas encore d’un plan et d’une stratégie pour son retrait de l’Union européenne (UE), selon une note confidentielle rapportée mardi par le média public, BBC.
Cinq mois après le vote favorable au brexit (retrait britannique), le gouvernement de Londres n’a pas encore établi un plan ni une stratégie commune de son retrait du bloc européen, affirme une note confidentielle du gouvernement britannique, qui relève également des dissensions internes bloquant le processus.
"Le Royaume-Uni n'a pas de plan général pour procéder au Brexit, et cela en raison des dissensions au sein du gouvernement conservateur", souligne le document diffusé par la BBC.
Selon ce texte, préparé par un consultant du bureau du cabinet du premier ministère, il est révélé qu’un délai de six mois était nécessaire pour préparer un plan de sortie, alors que la Première ministre, Theresa May, a déjà annoncé qu’elle comptait déclencher le processus fin mars 2017.
La note, datée du 7 novembre et intitulée "Brexit Update", reproche à Mme May, sa tendance à "prendre des décisions pour régler elle-même" la question. Le document évoque "des dissensions importantes au sein du cabinet", et des divergences entre deux groupes de ministres, le premier comptant les ministres du Commerce, des Affaires étrangères et du Brexit, le deuxième le ministre des Finances et celui des Entreprises.
Il est souligné, par ailleurs, que des "acteurs importants" du secteur industriel pourraient bien "pointer une arme sur la tempe du gouvernement" afin d'obtenir des garanties leur assurant qu'ils ne souffriront pas du Brexit.
Le document a noté également que les ministères ont travaillé sur plus de 500 projets en relation avec le Brexit et affirme que le processus du retrait peut nécessiter 30.000 fonctionnaires supplémentaires, ce qui necessitera des dépenses supplémentaires.
Réagissant à la note fuitée, le gouvernement a dit ne pas reconnaître son contenu, affirmant qu’il était concentré sur la préparation du brexit dont il veut faire "un succès".
"Ce n'est pas un rapport du gouvernement et nous ne reconnaissons pas les allégations formulées", a déclaré un porte-parole du cabinet de Mme May, repris par les médias.
Des députés, et des hommes politiques, dont le leader du premier parti de l’opposition, Labour Party, Jeremy Corbyn, ont déjà exhorté la première ministre à dévoiler son plan de retrait de l’UE, et sur l’avenir envisagé des relations avec le bloc européen.
Les informations contenues dans la note, s’ajoutant à la bataille juridique entre les députés et la Première ministre sur le déclenchement de l’article 50 du traité de Lisbonne, marquant le début des négociations avec l’UE, montrent combien le processus du brexit sera complexe et difficile.
La haute Cour a statué en faveur des députés, leur donnant le droit de se prononcer sur le déclenchement du brexit. Le gouvernement a fait appel devant la Cour suprême qui rendra son verdict début décembre prochain.