Le Maroc est l’un des principaux pourvoyeurs de «djihadistes « pour l’Organisation terroriste autoproclamée «Etat islamique - EI/Daech» en Irak et en Syrie, selon une analyse du cabinet privé américain de renseignement Stratfor.
«Avec environ 1.200 à 1.500 djihadistes (terroristes) en Syrie et en Irak, le Maroc est l'un des principaux fournisseurs de combattants étrangers pour l'Etat islamique et d'autres groupes djihadistes dans la région», relève ce centre de renseignement et d’analyses stratégiques dans une analyse publiée dernièrement aux Etats Unis, intitulée « le paradoxe des djihadistes marocains dénoué».
Les chiffres de Strafor corroborent avec les estimations révélées en septembre dernier par The Soufan Group, une entreprise américaine, basée à New York qui fournit des services en matière de sécurité et de renseignement aux gouvernements.
Ces chiffres ont été relayés par le réseau mondial d’informations, spécialisé dans la couverture des crises humanitaires, IRIN.
«Ceci est loin d'être un phénomène nouveau», souligne Stratfor.
«Les djihadistes» Marocains avaient participé auparavant à de nombreuses guerres en Afghanistan, en Bosnie, en Tchétchénie et en Irak, rappelle ce cabinet de renseignement, surnommé également la CIA clandestine.
Ces terroristes ont fait partie des groupes terroristes transnationaux depuis leur création à l’instar d’al Qaida, mais le contingent marocain est resté moins connu aux services de renseignement comparé aux groupes issus d’autres pays, précise-t-il.
En dépit du fait que tous ces groupes terroristes soient entraînés dans les mêmes camps, les membres du contingent marocain n’ont pas réussi à s’élever au rang des leaders, constitué essentiellement d’éléments issus d’Egypte et de la Libye, constate Strafor.
Plus grand pourvoyeur d’Al Qaida en Irak
Il relève que cette tendance a été très bien illustrée dans des documents découverts en 2007 par les forces armées américaines dans une maison secrète d’al Qaida en Irak.
Le dépouillement de ces documents connus sous le nom «fichiers de Sinjar» a révélé que le Maroc a été «le principal fournisseur de combattants étrangers pour Al Qaida en Irak», affirme Stratfor.
De l’ensemble des terroristes, figurant dans les listes de Sinjar, les marocains ont été les plus disposés à devenir kamikazes. 91% d’entre eux se sont dits prêts à perpétrer des attentats-suicides, révèle Stratfor. Cette propension à commettre des attentats-suicides aurait été à l’origine de la mort de plusieurs membres du contingent marocain, avance-t-on de même source.
Le cabinet de renseignement américain relève, par ailleurs, la réticence des autorités marocaines à qualifier les attaques commises dans ses territoires contre les touristes occidentaux d’actes terroristes de crainte de porter préjudice au tourisme, un secteur vital pour l’économie du Maroc.
«Quand les touristes sont visés, les autorités marocaines semblent réticents à décrire ces attaques comme des actes terroristes «, écrit Stratfor, citant en cela plusieurs attaques terroristes commises contre des touristes à Casablanca et à Fès que les autorités marocaines ont faussement attribué à des drogués ou à des individus souffrant de troubles mentaux.
«Que les autorités marocaines tentent de minimiser tout motif idéologique dans les attaques contre les touristes n’est pas surprenant. Le tourisme au Maroc est une importante industrie qui attire quelques 10 millions de visiteurs chaque année», explique Stratfor en ajoutant que le Maroc veut éviter les effets dévastateurs des attaques terroristes sur le secteur touristique en Tunisie et en Egypte.