La Commission européenne va créer un "Groupe de soutien" à l'Ukraine pour coordonner les efforts financiers des Etats membres, des donateurs extérieurs et du FMI, a-t-on indiqué de source européenne.
La représentante de la diplomatie européenne Catherine Ashton a pour sa part poursuivi ses contacts.
Elle s'est entretenue mardi au téléphone avec le chef de la diplomatie russe Serguei Lavrov des "évènements inquiétants" dans l'est de l'Ukraine et a annoncé qu'elle participerait "la semaine prochaine" à une réunion avec M. Lavrov, le secrétaire d'Etat américain John Kerry et le ministre ukrainien des Affaires étrangères Andrii Dechtchitsa.
Mme Ashton n'a pas précisé la date de cette rencontre ni l'endroit où elle se déroulera.
John Kerry a indiqué que cette réunion aurait lieu "en Europe", sans fournir plus de précisions.
Le "Groupe de soutien", dont la création doit être officiellement annoncée mercredi, devrait être coordonné par le commissaire européen chargé de la politique de voisinage, Stefan Füle.
Il doit "identifier et coordonner avec les autorités ukrainiennes l'aide dont elles ont besoin pour stabiliser l'économie et la situation politique, et aider aux réformes", a-t-on précisé de même source.
La Commission a présenté en mars un plan d'aide massif en faveur de l'Ukraine d'un montant d'au moins 11 milliards d'euros, sous forme de prêts, de dons et d'avantages commerciaux.
Elle a également offert à ce pays de fortes réductions des droits de douane, d'un montant évalué à quelque 500 millions d'euros en année pleine.
Le FMI a pour sa part annoncé une aide de 14 à 18 milliards de dollars, dont le versement dépendra toutefois d'un certain nombre de mesures, notamment d'une hausse du prix du gaz et d'un gel des traitements des fonctionnaires.Les travaux du Groupe de soutien pourraient être étendus à la Géorgie et à la Moldavie, deux autres anciennes républiques soviétiques, qui doivent signer prochainement un accord d'association avec l'UE.
La situation en Ukraine "reste difficile"
La chancelière allemande Angela Merkel a estimé mercredi que la situation "reste difficile" en Ukraine et souligné que les Ukrainiens "doivent décider par eux-mêmes de leur destin"."La situation en Ukraine reste difficile", a dit Mme Merkel lors d'un discours de politique générale devant les députés du Bundestag. "Malheureusement, sur beaucoup de points, on ne peut pas percevoir de contribution de la Russie à une détente", a-t-elle ajouté, tout en plaidant pour une poursuite du dialogue avec Moscou.
Mme Merkel avait fait savoir fin mars que le président russe Vladimir Poutine l'avait informée lors d'une conversation téléphonique d'un "retrait partiel des troupes russes à la frontière orientale de l'Ukraine", "pour stabiliser la situation en Ukraine et en Transnistrie".Depuis, selon Berlin, rien n'est venu confirmer ce mouvement. L'Allemagne va continuer "de dire clairement que l'Ukraine a, à nos yeux, le droit à sa propre voie de développement", a affirmé la chancelière allemande."Les Ukrainiens doivent décider par eux-mêmes de leur destin et nous allons aider l'Ukraine" dans cette voie, a-t-elle martelé.
La situation en Ukraine s'est tendue notamment après le rattachement en mars dernier de la péninsule ukrainienne de Crimée à la Russie , après un référendum non reconnu par Kiev et l'Occident, qui dénoncent une "annexion".
Les autorités ukrainiennes provisoires en place depuis le renversement fin février du président Viktor Ianoukovitch accusent Moscou de vouloir "démembrer" leur pays ou au moins torpiller l'élection présidentielle prévue le 25 mai.