Après le feuilleton de vagues médiatico-politiques soulevées par la diffusion de l’émission ‘’Envoyé spécial’’ consacrée à l’affaire Bygmalion, le groupe France Télévisions revient sous les projecteurs de l’actualité, mais pas dans l’angle souhaité par sa direction.
Le limogeage brutal de Vincent Meslet directeur de France 2, jette la lumière sur un groupe audiovisuel en plein doute, confronté à des scores d’audience au plus bas.
«France 2, avec 12,5 %, enregistre le pire mois de toute son histoire», note le site lemonde.fr ajoutant que «la chaîne publique phare du groupe ne se trouve plus qu’à quelques encablures de… M6, qui pointe à 10,8%», au moment où «France 3 n’est pas en forme non plus avec seulement 8,9% de parts de marché.
Seule France 5 a réussi sa rentrée en parvenant à reprendre la 5e place des chaînes françaises», poursuit ce site. Le directeur limogé paie ainsi les mauvais résultats des émissions de la tranche de l’après-midi lancées depuis la rentrée et qui n’ont pas eu le temps de faire leurs preuves.
Pour le site http://television.telerama.fr, ces nouveaux programmes comme «Milles et une vies et Mille et une vies rêvées présentées par Frédéric Lopez, Visites privées de Stéphane Bern, Amanda, d'Amanda Scott, et AcTuality, animée par Thomas Thouroude, enregistrent toutes depuis leur lancement des résultats décevants», avec cette précision que dans «la tranche 14h-18h40, la part d'audience de la chaîne est descendue en septembre à 6,1% contre 8,9% en septembre 2015», ajoute le site.
Pourtant, à la mi-septembre, la présidente du groupe Delphine Ernotte, consciente et des mauvais résultats des émissions et de l’existence d’un courant de grogne notamment au sein de la corporation des journalistes, réaffirmait sa confiance au directeur de France 2.
Ce revirement aussi surprenant qu’incompréhensible pour bon nombre de journalistes connaisseurs des arcanes de l’audiovisuel public français intervient dans un temps court de la vie des programmes de télévision dont l’évaluation se fait généralement sur un temps plus long. « Du coup, si on excepte les après-midis de France 2, le bilan de Vincent Meslet est plus qu'honorable et ne justifie pas un limogeage aussi brutal qu'inattendu », commente le journaliste du site http://television.telerama.fr.
Dans une interview diffusée sur le site liberation.fr, Delphine Ernotte rejette tout lien entre sa décision de relever le directeur de France 2 et les scores d’audience, argumentant plutôt par une divergence dans l’approche stratégique de développement de la chaîne : « Ce n’est pas tant la finalité vers laquelle on veut aller qui nous sépare que la manière d’y arriver et la façon dont nous travaillons ensemble. J’ai une vision collective du travail, je veux que le comité exécutif partage ses décisions, qu’il discute et s’engage», déclare-telle.
De son côté l’analyste du site http://television.telerama.fr estime que l’explication du limogeage est à chercher ailleurs : « Delphine Ernotte dirige le groupe public avec une garde rapprochée de quelques personnes qui ont toute sa confiance. Vincent Meslet n'en faisait pas partie. Leur caractère très différent semble les avoir plus opposés que rapprochés. Apparemment suffisamment pour qu'elle décide de ce départ prématuré», avance-t-il, estimant «ce choix risqué et difficilement compréhensible comparé à la mansuétude dont elle fait preuve à l'égard du directeur de l'information, Michel Field. » Ce dernier fait en effet l’objet d’une contestation par les équipes rédactionnelles qui ont fait circuler au printemps dernier, une motion pour son départ. «Le directeur de l'information est pourtant toujours en place... Deux poids, deux mesures», conclut le rédacteur du papier.