Le chef du gouvernement tunisien, Mehdi Jomaa, a affirmé dimanche le soutien des Etats-Unis à l'économie tunisienne à condition que les aides soient orientées vers les investissements et que la Tunisie s'engage à établir des réformes sérieuses.
Lors d'une conférence de presse à son retour d'une visite officielle de quatre jours aux Etats-Unis, le chef de l'exécutif tunisien a souligné la «volonté» de la Maison blanche à apporter son soutien économique à son pays à «condition» que la Tunisie s'engage à établir des réformes «sérieuses» et à orienter les aides et les crédits vers les investissements et non vers la consommation.
Qualifiant sa visite de «réussie» car atteignant les «objectifs escomptés», M. Jomaa a évoqué l'octroi par les Etats Unis à la Tunisie d'une garantie de prêt d'une valeur de 500 millions de dollars outre l'accord conclu sur «la poursuite du soutien apporté au Fonds de développement des petites entreprises.
«Le lancement du dialogue stratégique tuniso-américain pourrait ouvrir à la Tunisie de larges perspectives de coopération avec les Etats-Unis et d'accès au marché américain» a relevé le chef du gouvernement qui a salué la levée de l'interdiction de voyage vers la Tunisie qui constitue «un important signal pour les investisseurs et touristes du monde entier.
M. Jomaa a indiqué avoir reçu des promesses de la part des institutions financières mondiales pour que leurs relations avec la Tunisie soient empreintes davantage de «souplesse», à condition d'effectuer les réformes «nécessaires».
S'agissant du domaine technologique, le chef du gouvernement a évoqué ses rencontres avec des responsables de sociétés actives dans le domaine de la technologie, lesquels ont «exprimé leur volonté de travailler avec la Tunisie, tout en demandant, en contrepartie, la préparation d'un environnement propice, à savoir la garantie de la stabilité sécuritaire et la réalisation de réformes au niveau de l'infrastructure».
Concernant le volet sécuritaire, il a été décidé de «renforcer» la coopération pour faire face aux grands défis sécuritaires, dans un contexte de bouleversements et de dangers enregistrés à l'échelle régionale. La coopération sera basée particulièrement, sur le renforcement des équipements pour les forces de sécurité et l'armée».
Depuis sa désignation, en janvier dernier, à la tête du gouvernement indépendant, Mehdi Jomaa tente de remédier à la situation économique désastreuse depuis de déclenchement de la «Révolution du Jasmin» en janvier 2011.
Le gouvernement indépendant, qui a remplacé le gouvernement du mouvement islamiste Ennahdha, fait face à une situation sécuritaire détériorée suite à la recrudescence des attaques de l'organisation «Ansar al chariaa» en 2013.