Des milliers de personnes ont participé dimanche à Casablanca à une marche nationale de protestation contre la politique économique et sociale conduite par le gouvernement marocain, à l'appel de trois grande centrales syndicales auquel se sont joints des partis d'opposition, des militants des droits de l'homme et des membres de la société civile.
Selon les organisateurs, plus de 10.000 personnes ont pris part à cette manifestation placée sous le signe «Marche nationale de protestation pour la défense du pouvoir d'achat, la dignité, la liberté et la justice sociale» au cours de laquelle les manifestants ont dénoncé «le blocage» du dialogue social, le «retard» dans le règlement des questions et préoccupations des travailleurs.
Les participants ont également scandé des slogans contre «l'absence de véritable volonté» du gouvernement d'engager la négociation collective sur le contenu du mémorandum conjoint de revendications qu'ils avaient présenté en février dernier au chef du gouvernement.
Le mémorandum concerne notamment la reprise des négociations, la liberté syndicale, l'augmentation des salaires et la protection sociale, outre d'autres demandes touchant la législation du secteur social et des relations professionnelles et les revendications des classes sociales.
Jeudi dernier, le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi, avait estimé que l'organisation de cette marche revêtait un «caractère politique», considérant que le gouvernement avait formulé «des réponses précises à l'ensemble des revendications» dont «certaines d'entre elles paraissent irréelles»
Pour rappel, les trois syndicats, l'Union marocaine du travail (UMT), la Confédération démocratique du travail (CDT) et la Fédération démocratique du travail (FDT) avaient décidé dernièrement de constituer un front commun et de coordonner leurs actions. Par ailleurs, des sources syndicales ont indiqué que les trois centrales allaient se concerter à l'issue de cette journée de protestation pour décider d'une réponse commune quant au dialogue social auquel elles ont été conviées par le gouvernement (coalition dirigée par le Parti justice et développement -PJD- islamiste) pour mi-avril.
La marche a été soutenue notamment par le parti d'extrême-gauche Annahj addimokrati (La voie démocratique), l'Association marocaine des droits de l'homme (AMDH), le Mouvement du 20 Février qui réclame des réformes politiques au Maroc, des associations de diplômés-chômeurs et des organisations militant pour les droits de la femme.