Les partis politiques indiens tenaient leurs derniers meetings hier à la veille des élections législatives pour lesquelles le nationaliste hindou Narendra Modi est donné favori face au Congrès de la famille Gandhi.
Après dix ans au pouvoir, le parti du Congrès est donné perdant par les sondeurs, affaibli par les affaires, le ralentissement de la croissance et l'inflation.Rahul Gandhi, l'héritier de la plus célèbre dynastie politique indienne, devait s'adresser aux partisans du Congrès à New Delhi et dans l'Etat voisin de l'Haryana.
Si les sondages se confirment, Gandhi, arrière-petit-fils de Nehru, va au-devant d'une défaite cuisante. Mais le porte-parole du parti minimisait dimanche les risques d'échec.
«Le Congrès est le seul parti qui ait une résonance dans tous les coins et recoins de l'Inde», a assuré Abhishek Manu Singhvi cité par l'AFP.
Favori du scrutin, Modi, le candidat du parti nationaliste hindou Bharatiya Janata Party (BJP), devait passer la journée dans l'Etat de l'Uttar Pradesh pour défendre une dernière fois son programme de relance de l'économie, de l'investissement et de l'emploi.
Le chef de l'exécutif de l'Etat du Gujarat (ouest) depuis 2001 est unepersonnalité qui divise l'Inde depuis les émeutes intercommunautaires ayant ensanglanté son Etat en 2002, faisant plus de 1 000 morts, essentiellement des musulmans.
Il n'a pas été mis en cause par la justice mais l'inaction des forces de l'ordre a été pointée du doigt.
Ces derniers jours, son bras droit, Amit Shah, a été accusé d'avoir monté les hindous contre les musulmans qui représentent 13% de la population, soit la plus grande minorité religieuse du pays. Amit Shah est soupçonné d'avoir appelé les électeurs à «se venger» dans les urnes lors d'un discours dans une région de l'Uttar Pradesh où des violences confessionnelles avaient fait 50 morts l'an dernier.
«L'enjeu de cette élection est de sortir un gouvernement qui protège et offre des réparations (financières) à ceux qui tuent des hindous», aurait-il dit vendredi.Le Congrès a demandé l'arrestation d'Amit Shah et saisi la Commission électorale pour obtenir sa radiation des listes.
L'Inde entame aujourd’hui un marathon électoral en neuf phases, qui se terminera le 12 mai, afin d'élire ses députés siégeant à la Chambre basse.
Pas moins de 814 millions de personnes sont appelées aux urnes, soit 100 millions de plus qu'en 2009, et la moitié de la population a moins de 25 ans.