Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a exprimé samedi sa tristesse envers la communauté musulmane pourchassée par les miliciens majoritairement chrétiens anti-balaka à Bangui et dans plusieurs endroits en Centrafrique, au cours d'une visite dans ce pays livré à «une épuration ethnico-religieuse».
Dans le quartier du PK-5, où des musulmans sont encerclés depuis des semaines par des miliciens majoritairement chrétiens anti-balaka et des bandes de pillards, il s'est entretenu avec l'imam de la grande mosquée du quartier, selon des médias.«J'ai entendu leurs histoires effroyables, de nombreux membres de la minorité musulmane ont fui», a-t-il dit, rappelant que «des crimes atroces sont commis ici».
«Je suis très triste de ce que j'ai vu», a-t-il commenté, accueilli par un millier de déplacés qui ont trouvé refuge dans la mosquée.«Je suis ici pour montrer la solidarité» de la communauté internationale, a-t-il dit à ses interlocuteurs: «Comme vous le savez, j'ai demandé au Conseil de sécurité d'établir une opération de maintien de la paix. J'espère que le Conseil prendra une décision dans quelques jours».
«Une épuration ethnico-religieuse est une réalité» en Centrafrique, a souligné le secrétaire général de l'ONU, qui s'est entretenu avec la présidente centrafricaine de transition, Catherine Samba Panza dont il a salué «la détermination».Début mars, le secrétaire général a exposé au Conseil de sécurité son projet d'opération qui comprend un volet civil destiné à rétablir un minimum d'Etat et d'administration dans un pays livré au chaos, notamment dans la perspective d'élections générales prévues en février 2015.
Car, «des décennies durant, la structure de l'Etat a été éviscérée par le gaspillage, la corruption et l'indifférence de la communauté internationale», s'est indigné M. Ban.La Centrafrique traverse une crise humanitaire sans précédent, avec des centaines de milliers de déplacés fuyant les violences.
Au terme «d'une visite très émouvante», M. Ban a quitté Bangui pour Kigali.