Le représentant spécial du secrétaire général de l'ONU pour l'Irak, Jan Kubis, a appelé vendredi le gouvernement irakien et la communauté internationale à anticiper politiquement et sur le plan humanitaire la future libération de Mossoul des mains du groupe autoproclamé "Etat islamique" (EI/Daech). Lors d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU sur la situation en Irak, M. Kubis a déclaré que les récentes victoires stratégiques remportées par les forces pro-gouvernementales contre Daech, y compris la reprise des villes de Falloujah et Qayyarah au groupe terroriste, mettaient désormais la libération de Mossoul "fermement à l'ordre du jour".
Dans cette perspective, le représentant spécial a souligné l'urgence pour les dirigeants politiques et communautaires irakiens, notamment au sein du Conseil des représentants, de se préparer à "l'après-libération" et mettre l'accent sur la réconciliation "pour que la période de l'après-Daech de l'histoire iraquienne soit plus stable, plus sûr et plus prospère que par le passé". "Nous ne pourrons obtenir durablement la paix ou la sécurité sans un compromis historique pour mettre un terme aux politiques de divisions que sont l'intolérance, l'inégalité et l'injustice politique et sociale", a-t-il affirmé. Il a également averti la communauté internationale que les opérations
militaires à venir à Mossoul risqueraient d'engendrer la plus importante et délicate crise humanitaire dans le monde en 2016. Il a en outre souligné que la situation humanitaire s'était détériorée dans le pays depuis la reprise de Falloujah, précisant que plus de 10 millions d'Irakiens avaient désormais besoin d'une aide humanitaire, dont les 3,4 millions de personnes déplacées par Daech en 2014.