Le chef de la diplomatie italienne, Paolo Gentiloni, s'est prononcé pour une aide d'urgence et un soutien au gouvernement d'union nationale libyen de Faiz Sarraj, à son arrivée mardi à Tripoli.
«Je suis ravi d'être à Tripoli pour (apporter) une aide d'urgence et un soutien au gouvernement d'union nationale de Sarraj», a écrit M. Gentiloni sur Twitter.
Le chef de la diplomatie italienne est arrivé à bord d'un avion spécial à l'aéroport de Mitiga, où il a été accueilli par le vice-Premier ministre du gouvernement d'union nationale libyen Ahmad Meitig, avant de repartir avec lui dans un convoi officiel arborant les drapeaux libyen et italien.
C'est la première visite d'un haut responsable occidental à Tripoli depuis les violences de l'été 2014. M. Gentiloni devrait rencontrer le chef du gouvernement d'union nationale, Fayez al-Sarraj, selon les médias italiens. Le chef de la diplomatie italienne est le premier haut responsable européen à se rendre en Libye depuis l'arrivée à Tripoli le, 30 mars de ce gouvernement formé sous l'égide de l'ONU.
Jusqu'à lors, la capitale libyenne était contrôlée par une coalition de milices qui en avait pris le contrôle à l'été 2014. L'ambassade d'Italie en Libye avait suspendu ses activités et rapatrié tous ses agents en février 2015.
Le gouvernement de M. Sarraj s'est autoproclamé le 12 mars sur la base d'un communiqué d'une centaine des 198 députés du Parlement de Tobrouk (est) mais il n'a pas encore reçu d'investiture formelle. Cette visite intervient alors qu'une réunion des hauts fonctionnaires de soutien international à la Libye, mardi à Tunis, est destinée à aider le gouvernement d'union nationale libyen à définir ses objectifs et ses priorités en vue de poursuivre le processus de sortie de crise qui déchire le pays depuis 2011.
Quelque 40 pays arabes et occidentaux ainsi que des représentants de 15 institutions financières, des organisations régionales et internationales participeront à cette réunion, organisée sous l'égide de la Mission d'appui des Nations Unies en Libye (MANUL) et de l'ambassade du Royaume-Uni en Libye avec résidence temporaire à Tunis.
La Maison Blanche partage la responsabilité de l’échec de l’intervention militaire de 2011 en Libye
La Maison Blanche a déclaré qu’elle partageait la responsabilité de l’échec de l’intervention militaire de 2011 en Libye, en affirmant que les pays de l’alliance atlantique n'«ont pas préparé sérieusement l’après-Khadafi».
Josh Ernest, porte parole de la Maison Blanche, a relevé lundi que le président Barack Obama regrettait «ce qui n a pas été fait en Libye par les Etats-Unis et le reste des pays de la coalition», qui ont mené l’intervention en 2011.
Le porte parole d’Obama a ajouté que la communauté internationale avait «échoué à mettre en place un plan pour faire à l’absence des institutions de gouvernance en Libye après des décennies de dictature».
«Le président a retenu la leçon» en essayant de l’appliquer à d’autres situations similaires, a enchaîné Josh Ernest . Dimanche, le président Barack Obama a déclaré à la chaîne de télévision «Fox News» que l’intervention militaire en Libye a été «la pire erreur de sa présidence» en indiquant que les Etats-Unis et ses alliés avaient «échoué à préparer l’après-Khadafi». Obama a fini par avouer, cinq ans après la campagne militaire de 2011, que l’intervention «n’a pas fonctionné».
La Libye est toujours en proie à des violences qui sont exacerbées par la prolifération du groupe terroriste autoproclaméEtat islamique (EI/Daech). Dans une interview accordée le mois dernier au magazine Atlantic, Obama a pointé du doigt le rôle négatif des pays européens ayant participé à l’intervention militaire en soulignant «qu’il étaient réticents à instaurer la stabilité» dans ce pays après la chute du régime de Maammar El Gueddafi.
En essayant de tempérer les propos d’Obama, le pore-parole de la Maison Blanche a tenu à préciser qu’en faisant ce point de situation sur la Libye, le président n’a accusé aucun pays allié d’avoir failli à ses engagements en la Libye. «Le président a plutôt (voulu dire) que «les Etats-Unis et notre coalition n’ont pas réussi à mobiliser les ressources nécessaires pour mettre en £uvre le scénario qu’ils auraient souhaité voir se produire en Libye», a-t-il dit.