Economie

Chauds, les marrons, chauds ! Un business florissant malgré le soleil

Publié par Moza Daghiche (APS) le 03-01-2016, 23h21 | 77
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Comme chaque année à pareille époque, la vente de marrons chauds, ces délicieuses friandises qui réchauffent aussi les doigts engourdis par le froid, est un business florissant même si un soleil rayonnant s’entête à repousser les premiers frimas de l’hiver.

Avec beaucoup d’entrain, les vendeurs de marrons (ou châtaignes) grillés, installés dans plusieurs coins «étudiés» du centre de l’antique Cirta, ne se formalisent pas le moins du monde des caprices de la météo, d’autant que les clients sont nombreux et jouent quelquefois du coude pour se saisir d’un cornet de marrons.

L’odeur exquise du fruit titille les narines et met l’eau à la bouche des passants qui s’empressent, en effet, de commander un cornet et se brûlent, souvent, les doigts en décortiquant la première coque de châtaigne sortie tout droit du «kanoun» (sorte de brasero).

 

Les châtaignes grillées, un business qui «roule»

A proximité du marché des Frères Bettou, au boulevard Mohamed-Belouizdad (ex-St-Jean), coeur palpitant de Constantine, Haïder, un jeune homme d’une vingtaine d’années, s’active à remuer des châtaignes placées dans une poêle, sur le feu de charbon d’un «kanoun» incandescent.

Dès qu’un client «pointe» le nez, Haïder s’empresse d’emballer le contenu de la poêle dans un cornet fait de vieux journaux et le tend, le sourire aux lèvres, au client.

Le cornet d’une dizaine de marrons est cédé à 50 dinars, mais leur parfum si particulier fait souvent revenir les clients chez Haïder qui confie tout sourire à l’APS que les affaires «se portent mieux encore cette année» et tient à préciser que les châtaignes grillées se vendent de mieux en mieux en dépit du ciel bleu.

«On a tendance à associer les marrons chauds avec la brume et le froid, c’est un peu vrai, mais leur odeur quand ils sont grillés à point attire les gens, même quand les journées sont printanières», soutient-il.

Evasif sur son chiffre d’affaires, Haïder souligne qu’il arrive à écouler jusqu’à dix (10) kg de châtaignes grillées par semaine, avec une marge bénéficiaire qu’il qualifie (du bout des lèvres) de «satisfaisante».

Le jeune homme s’approvisionne auprès des grossistes de la commune de Hamma-Bouziane et admet que les quelques mois de vente de châtaignes grillées «dopent» ses affaires. «Avant le mois de novembre, date du début de la cueillette des châtaignes, je gagne ma vie en vendant de la vaisselle à proximité du marché de Daksi (à la périphérie de Constantine, ndlr), mais dès que les châtaignes arrivent, je m’installe au centre-ville, il y a plus de monde et les gens, ici, ne se refusent pas un petit plaisir», commente le jeune commerçant.

 

Les châtaignes du massif de Collo, les meilleures sur le marché

Au jardin Bennacer, au centre-ville, dans un cadre idyllique, entouré d’arbres centenaires et profitant d’une ombre large et aérée, Saïd propose, à côté du thé à la menthe, des marrons grillés. Pour ceux qui fréquentent le jardin Bennacer, ce sexagénaire est vendeur de thé mais ses activités commerciales «s’élargissent» en fonction de la saison. Celui qu’on nomme affectueusement «Ammi Saïd» a installé un grand stand pour sa nouvelle activité et «sous- traite» avec des jeunes la vente de châtaignes.

Ces adolescents de quatorze ou quinze ans, incisent le fruit, le mettent dans une poêle et s’occupent à former des cornets, tandis que le chef «manie» la caisse avec le sourire.

Originaire de la ville de Collo (Skikda), Saïd, dès qu’il s’agit de châtaignes, jure par tous les saints que celles de sa ville, poussant à plus de 1.000 m d’altitude au milieu d’une forêt dense, sont «les meilleures  d’Algérie».

«Allez donc faire un tour du côté d’Ouled Attia, à Collo, et vous verrez de quoi je parle, des châtaignes superbement bombées, au goût si parfumé, gorgées de soleil, on n’en voit pas de semblables dans tout l’est du pays», lance avec conviction le sexagénaire.

Tout en décortiquant une coque bien grillée, Saïd affirme qu’à Collo «tout un savoir-faire traditionnel lié à la culture du châtaignier est en train de disparaître».

Il affirme, quelque peu amer, que la culture et la vente des châtaignes étaient, à Ouled Attia, «la ressource financière principale des gens de cette zone forestière, mais on ne fait rien pour les aider ou les encourager à préserver leur gagne-pain».

Le sexagénaire achemine sa marchandise «depuis chez lui» avec l’aide d’un jeune cousin. «Ce sont les fruits de châtaigniers rescapés d’une étrange maladie qui a sévi dans la propriété familiale. Dégustez comme c’est bon».

Se proclamant connaisseur de l’histoire et des châtaignes, Saïd, tout en leur tendant un cornet de marrons à 50 dinars, «glisse» une petite leçon d’histoire à ses clients : «Il y a longtemps, les châtaignes ont permis à des peuples de la Méditerranée de survivre à des famines, le fruit rassasie et ceux de Collo ont vraiment un goût particulier», dit-il, suscitant parfois des hochements de tête admiratifs.

Par Moza Daghiche (APS)

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