Culture

L’Algérie, l’Espagne et la Turquie au programme du 10e Festivalgérie

Publié par DK News le 22-12-2015, 20h53 | 70
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Une fusion prolifique algéro-turque, un trio espagnol et la chanteuse Zakia Kara Terki, ont animé lundi soir, devant un public conquis, la  2e journée du 10e Festival international de musique andalouse et des musiques anciennes «Festivalgérie», ouvert le 20 décembre.

Trois heures durant, la salle Ibn Zeïdoun de l’Office Riadh El Feth, a accueilli l’Ensemble espagnol «Mudejar», la chanteuse algérienne Zakia Kara Terki, soutenue par l’Ensemble régional d’Alger de musique andalouse et l’Ensemble de l’Amitié algéro-turque.

Troupe de musique ancienne et ethnique, le trio espagnol «Mudejar»- dont le sens évoque le brassage culturel arabo-hispanique dans l’architecture des constructions anciennes de l’Andalousie- rassemble dans son répertoire la tradition orale espagnole depuis le VIIIe siècle.

Présents devant une assistance nombreuse avec un répertoire varié  fait de poésies d’autochtones ainsi que de grands poètes, les artistes espagnols reprennent des musiques traditionnelles, auxquelles ils ajoutent une note de modernité.

Begona Olavide, chef d’orchestre jouant au «salterio» (ou psalterion, qanun rustique de l’époque médiévale) accompagnée par Javier Bergia à la guitare et Ramiro Amusategui au luth, a chanté, l’existence, l’amour, la chute de Grenade, avant de faire une escale en Andalousie en interprétant un chant en Arabe, faisant ainsi plaisir au public qui l’a longtemps ovationnée.

Très attendue par ses fans, Zakia Kara Terki est ensuite montée sur scène avec un torrent d’applaudissements et des youyous nourris, présentant «noubet leghrib» dans ses différents mouvements rythmiques.

Enchaînant d’abord un isthikhbar puis une touchiya, la cantatrice à la voix pure et cristalline a ensuite brillamment rendu sa nouba, entonnant Kounna fi el îchqi (m’seddar), Tidhkaroukoum âïndi (b’taïhi), un autre istikhbar, puis un premier derdj, Ya âchiqin lahbet djimar.

Les pièces, Ya mouqabil (2e derdj), Hel li ettalaqi min sabil (n’çraf) et les khlas, Koulliftou bil badri et wi âachiya ont clos l’intervention de la cantatrice qui s’est fait plaisir en ajoutant une dernière pièce rendue dans la langue turque, offrant ainsi une belle transition au programme qui devait suivre.

L’Ensemble de l’Amitié algéro-turque dirigé par Mohamed Saadaoui est ensuite apparu avec un florilège de pièces issues des deux cultures, interprétées par les huit musiciens composant cette fusion bien accueillie par le public nombreux qui a marqué la soirée.

Les instrumentistes turcs, Pelin Degirmenci au tambour (instrument à cordes avec un long manche fin divisant le degré du ton jusqu’au huitième de la note), Nan Bura Karadog au nay turc (flûte épaisse et longue), Mete Aslan au luth se sont distingués par des interventions en solo.

La jeune chanteuse algérienne Bencharif Majda a séduit l’assistance avec une voix suave et limpide, bien soutenue par ,les instrumentistes turcs et les Algériens, Bendjeddou Abdeldjalil au violon, Daou Massinissa au violoncelle et Belhimer Mohamed Rafik à la percussion (derbouka) dans une orchestration prolifique supervisée par Mohamed Saadaoui au qanun turc.

Plusieurs pièces du répertoire algéro-turc ont été rendues avec maîtrise et professionnalisme dans des enchaînements réunissant les deux cultures et travaillés avec intelligence. Les huit instrumentistes ont commencé par une partie instrumentale comprenant Bachraf dil (Constantine) et Samaï Mahour (turc), avant d’entonner m’seddar Rasd eddil Ya ochaq et entamer la partie Muhhayerkurdi-Sika.

Le public, savourant chaque moment de cette fusion dans l’allégresse a ensuite apprécié Samaï muhayyerkurdi, Bir Kizil (chanson turque) et le derdj dans le mode Sika, Hibbi alladhi rani naâchaqou.

La troisième partie dans le mode nahawend a vu défiler les pièces Samaï nahawend, Lamma bada yatathenna (chanson), Bi Allahi ya hamami enchaînée à une autre pièce dans le mode samaï nahawend, pour conclure la partie chantée avec Ana el werka el meskina, une valse composée par  Mohamed Saadaoui et une lounga dans le mode nahawend.

En présence de l’Ambassadeur de la Turquie en Algérie M. Mehmet Poroy, l’Ensemble de l’Amitié algéro-turque a longtemps été applaudi par le public qui a pris du plaisir à prendre part à une belle randonnée onirique, à travers laquelle des liens historiques et patrimoniaux entre les deux pays ont été revisités.

Le 10e Festival international de musique andalouse et des musiques anciennes «Festivalgérie» se poursuit jusq’au 26 décembre avec au programme de la journée de mardi, l’Association Cheikh Bouali de Tlemcen, une fenêtre sur le symposium international du Qanun présentée par Mohamed Saadaoui, la troupe Fumie du Japon et l’Ensemble algéro-français El Djazaïr, paix et musique.

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