Monde

Elections régionales en France : L’extrême droite hors-jeu

Publié par Cherbal E-M le 13-12-2015, 22h43 | 52
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Les appels à la mobilisation des électeurs français semblent avoir porté leur fruit, notamment en faisant baisser le taux d’abstention à un peu plus de 41%, alors que le chiffre atteignait plus de 50% au premier tour et en balayant les listes du Front national qui n’obtiennent de ce fait aucune région.

Les ténors de l’extrême droite ont ainsi dû faire contre mauvaise fortune bon cœur en soulignant le bon score obtenu en matière de voix, qui, il est vrai, a sensiblement augmenté. Ses scores ont été multipliés par trois durant ces dernières années, alors que le nombre de ses conseillers régionaux a été triplé. Donnée largement en tête au premier tour en région Nord -Pas de Calais-Picardie, Marine Le Pen la patronne du FN a été sèchement battue par Xavier Bertrand le candidat de Les Républicains-UDI-Modem qui a obtenu presque 58% des suffrages, avec évidemment un large report de voix des électeurs de gauche.

Malgré cela, Marine Le Pen est allé remercier les électeurs et dire toute sa joie de voir le réservoir de voix de son parti grossir à l’approche d’échéances électorales importantes. L’autre icône de l’extrême droite, Marion Maréchal Le Pen à elle aussi cédé, en région Provence Alpes Cotes d’Azur, face au déferlement des voix au profit du candidat Les Républicains, Christian Estrosi, arrivé en tête avec plus de 54% des voix.

Hormis le black-out imposé par les électeurs aux candidats du Front national, on retiendra de ce second tour le basculement de la région parisienne, l’Ile de France, dirigée depuis 1998 par les socialistes, et passée cette fois ci sous le contrôle de la droite républicaine avec la victoire de la liste conduite par Valérie Pécresse qui a obtenu 44% des suffrages contre 42% pour Caude Bartolone le président de l’assemblée nationale française, candidat du parti socialiste.

Donné largement perdant, le parti socialistes, soutenu par les verts et les partis de gauche tient relativement bien et semble même avoir bien tenu le coup, puisqu’il dirige encore 5 région, contre 7 pour la droite républicaine.

La classe politique française a unanimement salué ce «sursaut républicain salutaire», comme l’a qualifié le maire de Bordeaux Alain Juppé, qui a permis de contenir le Front national. Il n‘empêche que le danger a été souligné par tous les ténors, de droite et de gauche, de la casse politique française. «Dans un moment de gravité, nous n’avons rien cédé», a déclaré le premier ministre Manuel Valls qui a reconnu que «le danger de l’extrême droite n’est pas écarté», s’engageant à se mettre rapidement au travail pour s’occuper des questions sérieuses telles «l’emploi, la formation et l’accompagnement des chômeurs». Le responsable de l’opposition Nicolas Sarkozy, patron de Les Républicains, a vu dans ces élections «un avertissement adressé aux responsables politiques, y compris nous-même». Il a salué le sursaut républicains qui a permis de faire barrage au Front national, rappelant son «refus de toute compromission avec l’extrême droite».

Une amorce de fin pour Sarkozy ?

Parmi les premières constatations faites  du scrutin régional qui vient de se dérouler en France, ce sursaut républicain qui a mis hors course les candidats de l’extrême droite, empêchant le FN d’accéder. Mais, même  si les électeurs français ont majoritairement disqualifié Marine Le Pen, de nouvelles données viennent indiquer une reconfiguration du réservoir électoral de la France, avec une nette poussée des idées et des valeurs portées par  ce courant extrémiste.

Donnés grands  perdants de cette élection, le parti socialiste et ses alliés verts et  de gauche ont finalement  résisté mieux que prévu  en s’octroyant 5 régions. L’opposition de droite  en embuscade pour  les échéances présidentielles de 2017 a effectivement enregistré une progression.

Elle obtient 7 des 15 régions de France avec en prime l’Ile de France et un score confortable dans la région Nord Pas De Calais Picardie  où  son candidat a  battu à plate couture la patronne du FN, avec évidemment, le concours d’un report des voix des électeurs de gauche. Plus que tout cela, ce que les observateurs  de la scène politique française ont le plus relevé, l’échec cuisant subi par le chef de l’opposition, Nicolas Sarkozy pour lequel les résultats de ce scrutin traduisent un échec patent pour sa ligne de conduite idéologico-politique.

« Au soir de ces régionales 2015, on a peut être assisté à la première séquence du crépuscule politique de l’ancien président de la République… et de tout ce qu’il représente », conclut le journaliste du site http://leplus.nouvelobs.com, rejoignant de nombreux analystes pour lesquels Sarkozy est le grand perdant de cette élection et, certainement, de ce qui viendra par la suite.

En effet, depuis son retour aux affaires, à la tête de Les Républicains, sa stratégie politique, raclant aux abords de l’électorat de l’extrême droite, ne fait pas recette, loin s’en faut ;  « depuis son retour officiel en politique, à l'été 2014, et son élection à la tête de l'UMP, l'ancien président n'a pas su réveiller les ardeurs du pays, pas même l'enthousiasme de la droite ni l'adhésion de tous ses électeurs de 2012 », note le journaliste de l’AFP qui relève qu’à force d’avoir tiré sur la corde extrémiste, les Français, écrit-il, «considèrent que, pour voir appliquée la politique promise depuis si longtemps par Nicolas Sarkozy, il faut porter Marine Le Pen au pouvoir.»  

Le désappointement de Nicolas Sarkozy lors de son apparition juste après les résultats  du second tour n’a pas échappé aux observateurs qui ont relevé une série d’indices  pouvant conforter la débâcle annoncée de Sarkozy.

« Le chef de Les Républicains, en effet, a voulu prendre la parole au moment même où Marine Le Pen commençait son intervention, fait remarquer le journaliste du site http://leplus.nouvelobs.com  qui voit là une « précipitation fatale : TF1 lui a préféré la patronne du FN ! », ajoutant un peu plus loin que «  le coup de grâce est venu. Vers 23h15, BFMTV a montré la photo, prise quelques minutes plus tôt, d’un Sarkozy, la mine sombre, avachi dans la tribune présidentielle du Parc des Princes, où il était venu voir son cher PSG écraser Lyon 5-1. Un cliché destructeur ».

Comme pour bien corser la soirée de Sarkozy, la presse aura noté également que les candidats de Les Républicains se sont abstenus de citer le nom de Sarkozy ; Valérie Pécresse qui a  décroché la région Ile de France est même allée jusqu’à rendre un hommage soutenu à Jacques Chirac, en pleine convalescence.

Adjointe de Les Républicains Nathalie Koscisko-Morizet a fait tout bonnement dans le rentre- dedans en fustigeant la stratégie du ni-ni imposée par Sarkozy, allant même jusqu’à considérer que « si le PS l’avait fait sienne, a-t-elle expliqué avec candeur, le FN aurait pu l’emporter dans les trois régions clés (Nord-Picardie, PACA, Grand Est) », rapporte  le journaliste de l’AFP qui finit par conclure que  « comme ces conducteurs irascibles qui tournent le volant pour ne pas être dépassés, Nicolas Sarkozy refuse d'être doublé sur sa droite et va braquer sec, au risque de finir au fossé »

Cherbal E-M

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