L´Algérie a, par la voix de M.Abdelkader Messahel à la conférence sur le dialogue à Rome, posé le diagnostic de la situation d´instabilité qui s´est instaurée en Méditerranée depuis, notamment, le début de la décennie en cours.
Le Ministre des Affaires Maghrébines, de l´Union Africaine et de la Ligue Arabe, a tenu, c´est essentiel, à revenir sur les causes qui en sont à l´origine.
L´objectif est de mieux comprendre les facteurs ayant conduit la Méditerranée à une crise sans précédent, dans sa triple dimension, politique, sécuritaire et humaine. Un défi commun auquel font face les pays des deux rives de cette mer, dont le président Abdelaziz Bouteflika avait dit que « sa vocation est d´unir le nord de l´Afrique au sud de l´Europe ». Or, avec l´apparition des fléaux de toute nature, terroriste, criminel et migratoire, c´est tout le contraire de cette vocation qui s´observe dans cette charnière des civilisations.
La Méditerranée depuis peu affronte une réalité d´une toute autre nature. Le terrorisme « djihadiste » qui s´est implanté progressivement en Libye, qui menace l´Egypte, qui frappe en Tunisie et oriente son regard vers les pays européens d´en face. Les cellules qui ont fait allégeance à Daesh, en 2014 à Derna, sont, une année plus tard, à moins d´une centaine de kms de la frontière tunisienne.
Comment en étant arrivé jusque-là ? La réponse est simple et à la fois compliquée. Elle est simple parce que l´ennemi commun qui se livre au massacre, des Musulmans en priorité, est connu et ses objectifs assez clairs. C´est d´instaurer le climat de terreur là c´est possible de le faire. Elle est compliquée parce que le monde a pris connaissance assez tardivement de l´ampleur de cette menace. Le travail de prévention, entre autre la déradicalisation, c´est seulement maintenant qu´il commence. C´est à dire depuis que tous les gouvernements de la planète ont enfin compris qu´il fallait s´attaquer au mal à la racine. C´est ce à quoi l´Algérie avait appelé, en son temps, lorsque le terrorisme la frappait, seule, durant la décennie noire, profitant, précisément, d´une absence de solidarité entre Etats, et du manque de de prise de conscience de la dimension régionale du terrorisme. Malheureusement, comme l´a rappelé, à Rome, M.Messahel, les conflits politiques internes en Afrique et au Moyen Orient, sont souvent entretenus de l´étranger.
Dès lors, la voie est ouverte au trafic d´armes, de drogue, de personne, au crime organisé et à l´implantation du « djihadisme » dans cette zone située aux portes mêmes de l´Europe. Le Ministre algérien a cité la guerre de Libye comme exemple le plus flagrant d´une action de déstabilisation d´une région qui aura servi à favoriser l´implantation de cellules de l´Etat Islamique dans le nord de l´Afrique. Ce qui s´est produit en Libye, en 2011, est un phénomène qui avait déjà apparu, en 2003 en Irak, puis moins d´une décennie plus tard dans d´autres pays sur fond de « printemps arabe », comme en Syrie ou au Yémen, exactement dans les mêmes formes et manifestations.
La leçon n´avait, hélas, pas été retenue. Dans les trois cas, l´Algérie avait appelé incessamment à la modération, à l´ouverture du dialogue et à la non intervention étrangère.
L´appel lancé par la conférence de Rome va exactement dans le sens de ce à quoi avait appelé l´Algérie pour que prévale l´esprit du dialogue dans les pays qui connaissent des conflits internes, en vue de solutions politiques consensuelles entre les parties, accompagnées par la médiation régionale et internationale. Que ce soit sur la Libye, la Syrie, l´Irak ou le Mali, la position défendue par l´Algérie est celle que tout le monde partage aujourd´hui. Elle s´articule autour de ces trois principes qui sont à la base de sa diplomatie: le dialogue entre les parties accompagné de la médiation et non pas de l´intervention militaire étrangère dans le conflits internes en faveur d´une partie contre une autre. Ces instruments appliqués, la paix et à la sécurité régionale et internationale auraient eu toutes leur chance.
Hamid A