La Belgique souhaite la mise en place d'une «Agence européenne de renseignement», notamment pour renforcer la coopération antiterroriste, a affirmé hier le Premier ministre belge, Charles Michel. «Aujourd'hui, nous avons une difficulté, les échanges d'informations sur le plan européen sont bilatéraux (...). Aujourd'hui il n'y a pas de renseignement harmonisé sur le plan européen», a regretté M. Michel, s'exprimant sur la radio française RTL.
«Si les services de renseignement fonctionnaient sans faille dans l'échange d'informations, il n'y aurait plus jamais aucun attentat dans le monde (...). Il n'y a pas d'uniformisation dans les échanges d'informations», a-t-il ajouté.
«Nous devons mettre en place le plus vite possible une Agence européenne du renseignement, une CIA européenne», pour réunir les informations sur les individus «suspectés d'avoir des tentations radicales» et «démasquer ceux qui ont des intentions hostiles», a assuré Charles Michel.
«Même votre ministre de l'Intérieur M. Bernard Cazeneuve est très réticent avec ma proposition de mettre en place une Agence européenne du renseignement», a cependant constaté le Premier ministre belge.
L'enquête sur les attentats meurtriers du 13 novembre à Paris (130 morts) a mis en lumière des failles dans la coopération entre services secrets.
Le Commissaire européen chargé des Affaires intérieures, Dimitris Avramopoulos, avait déjà proposé vendredi la création d'une Agence européenne du renseignement.