L'opposition en République démocratique du Congo (RDC) a demandé jeudi la publication d'un calendrier électoral réaménagé.
Cet appel a été lancé après que les nouveaux membres du bureau de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) eurent prêté serment jeudi à Kinshasa.
Des partis de l'opposition, dont l'Envol de Delly Sesanga, le FIS de Kudura Kasongo, et quelques organisations de la société civile congolaise exigent un calendrier électoral qui priorise les élections présidentielle et législatives. «Cette priorité doit s'exercer dans le respect des délais constitutionnels.
L'autre priorité c'est l'enrôlement des électeurs», a indiqué le président de l'Envol, Delly Sessanga, dans une déclaration à la presse.
L'Union européenne (UE) a appuyé cette proposition puisque son ambassadeur en RDCongo, Jean-Michel Dumond, a souligné que la première priorité est la publication du calendrier réaliste.
«Les priorités sont claires : la publication du calendrier le plus vite possible pour les élections présidentielle et législatives, et la question du budget», a souligné le diplomate européen.
Pour lui, le budget d'un milliard de dollars pour organiser les élections, présenté par la CENI «n'est pas réaliste», soulignant qu'«il y a encore du temps jusqu'en novembre 2016 pour préparer notamment les élections présidentielle et législative dans la transparence.»
De son côté, la Majorité présidentielle (MP) appelle plutôt les Congolais à laisser le temps à la CENI de concevoir un plan réaliste.
«Ce n'est pas parce que les gens veulent qu'on organise les élections, qu'il faut y aller dans la précipitation et faire l'objet des critiques demain», a déclaré le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku. Il reconnaît l'échéance constitutionnelle à respecter mais pense que «les Congolais ne doivent pas être figés sur des dates».
Selon le calendrier électoral annoncé en février 2015, les élections présidentielles et législatives devaient se tenir le 27 novembre 2016. La RDC traverse une grave crise politique depuis la réélection du président Joseph Kabila en 2011 lors d'un scrutin entaché d'irrégularités massives, selon l'oppostion.
L'opposition ne cesse d'accuser le chef de l'Etat, au pouvoir depuis 2001, de chercher à contourner par tous les moyens l'interdiction constitutionnelle qui lui est faite de se représenter, et de manoeuvrer pour retarder les échéances électorales ou modifier la Constitution.