L’abondance de la production de carottes dans la wilaya de M’sila et les énormes surplus dont les agriculteurs ne savent plus que faire semblent donner un nouveau «statut» à cette plante potagère, celui d’aliment de bétail en l’occurrence.
L’utilisation de la carotte comme aliment de bétail est considérée, par les éleveurs exerçant dans certaines zones du Hodna, comme une solution tout indiquée pour faire face à la cherté du foin, de l’orge et de la paille.
Des éleveurs des régions d’El Maâdher, à proximité de Boussaâda, de Djebel Messaâd, d’Aïn El Melh, de Mohamed-Boudiaf et de Sidi-Ameur, connues pour être les principaux «fiefs» de la culture de carotte, ne sont pas à court d’arguments pour justifier la transformation de cette apiacée en «must» de la cuisine animale, très apprécié, surtout, des bovins.
La baisse drastique du prix du kilogramme de carottes, qui ne dépasse guerre les 5 dinars, et la surproduction de ce légume (la production de cette année devrait dépasser les 1,2 million de quintaux), ont «obligé les producteurs à se débarrasser de leurs récoltes», confirme-t-on à la direction des services agricoles, en précisant que la production de cette année sera «supérieure de 20 % par rapport à celle de l’année dernière». Une superficie de plus de 6.000 hectares, répartie dans les régions d'El- Maâdher, de Djebel Messaâd, d’Aïn El Melh, de Mohamed-Boudiaf et de Sidi-Ameur est vouée à la culture de carottes avec des rendements exceptionnels qui ont atteint, cette année, les 250 quintaux à l'hectare. C’est ce qui explique aussi que la wilaya de M’sila occupe la première place nationale en matière de production de carottes, sans risque d’en être délogée sur le court ou le moyen terme.
Si les b£ufs et les vaches ne peuvent qu’être contents de se délecter des belles carottes produites en abondance à M’sila, les responsables du secteur de l’emploi ont aussi toutes les raisons de se frotter les mains. En effet, les campagnes de plantation et de récolte de ce tubercule riche en carotène donnent lieu, annuellement, à la création d’une dizaine de milliers de postes d'emploi temporaires dans la wilaya.
De plus, l'abondance de ce légume à M'sila a contribué à la chute de son prix de vente dans les marchés de gros où il ne dépasse pas les 7 dinars/kg.
Malheureusement, pour les ménages, cela ne se répercute pas sur le prix de vente au détail, la carotte étant cédée aux consommateurs au prix moyen de 80 dinars/kg, ce qui démontre, hélas, comme le dira Achour R, un père de famille de Barhoum, que les spéculateurs ne sont pas près de lâcher prise.