Plus de 200 Casques bleus camerounais, de retour de Centrafrique, ont manifesté mercredi dans les rues de Yaoundé pour revendiquer le paiement d'arriérés de soldes. Ces militaires, en tenue de Casques bleus des Nations unies, ont marché sur plus de 4 km, de leur base d'Ekounou, un quartier populaire de Yaoundé, vers le quartier général de l'armée en passant par le centre de la ville.
Bloqués à l'entrée du QG par d'autres militaires, ils sont restés assis plusieurs heures devant l'Assemblée nationale. En fin d'après-midi, les manifestants ont quitté les lieux après une promesse de paiement faite par le ministre de la Défense, Edgar Alain Mebe Ngo'o, venu à leur rencontre.
Le porte-parole du gouvernement, Issa Tchiroma Bakary, a ensuite déclaré que le président Paul Biya avait décidé de «faire procéder au paiement immédiat et par anticipation sur la régularisation à venir de l'UA des arriérés de primes réclamés à hauteur de 6 milliards de FCFA», soit environ 9 millions d'euros. Ce qui, selon lui, correspond à «8 mois de primes impayées pour la période allant de février à septembre 2014» quand les soldats étaient sous mandat de l'Union africaine.
Ils ont été intégrés le 15 septembre 2014 dans la Minusca.«Nous revendiquons 18 mois d'arriérés de soldes et nous sommes 1.300 militaires camerounais dans cette situation», a affirmé l'un d'eux à des correspondants de presse sous couvert de l'anonymat.
«Nous réclamons 12 mois de soldes lorsque nous étions sous la responsabilité de l'Union africaine (UA) et six mois comme Casques bleus» de la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca), a-t-il poursuivi. Les contingents africains, d'abord engagés en Centrafrique en 2013 sous la bannière de la mission de l'Union africaine (Misca), ont ensuite intégré la Minusca, lancée en septembre 2014.
Selon ce soldat, la rémunération par l'UA et l'ONU des soldats camerounais devait transiter par leurs responsables hiérarchiques, avant d'être reversée aux intéressés.