Près de 400 enfants ont été tués et plus de 600 autres blessés depuis que les violences se sont accrues en mars dernier au Yémen, selon un rapport publié mercredi par le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF).
Le rapport intitulé, "Yémen : l'enfance sous la menace", affirme que "huit enfants en moyenne sont tués ou blessés chaque jour au Yémen, une conséquence directe du conflit qui frappe le pays".
"Les services de santé perturbés, une augmentation des taux de malnutrition chez les enfants, les écoles fermées et un nombre plus élevé d'enfants recrutés par les groupes armés figurent parmi les effets du conflit qui ravage actuellement un des pays les plus pauvres du monde arabe", énumère le rapport.
"Ceci est une véritable tragédie pour les enfants du Yémen", a déploré le représentant de l' UNICEF au Yémen, Julien Harneis. "Les enfants sont tués par des bombes ou des balles et ceux qui survivent sont confrontés à la menace croissante de la maladie et de la malnutrition", a-t-il ajouté.
"Cette situation ne peut plus durer", a-t-il souligné.
Selon les statistiques de l'UNICEF, près de dix millions d'enfants, soient 80% de la population du pays âgée de moins de 18 ans, ont besoin d'une aide humanitaire d'urgence et plus de 1,3 million de personnes ont été obligés de fuir leurs foyers depuis le début du conflit en mars dernier.
Le conflit au Yémen a fait près de 4.400 morts et des milliers de blessés, selon le dernier bilan de l'Organisation mondiale de la santé.
De nombreux cadavres pas enterrés en raison des combats
Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) s'est déclaré mardi "extrêmement préoccupé" du nombre important de cadavres qui, en raison de la poursuite des combats au Yémen, ne peuvent être récupérés puis enterrés.
"Avec l'escalade des combats, davantage de victimes sont abandonnées en raison du danger croissant associé à la récupération des blessés et des morts", a expliqué dans un communiqué Nourane Houas, chef du département de la Protection du CICR au Yémen.
"La loi humanitaire internationale exige que les cadavres soient traités convenablement et avec respect", a-t-il dit, ajoutant que le CICR appelle "toutes les parties" à permettre l'évacuation rapide des corps et à faire tout leur possible pour assurer leur identification et la remise des morts aux familles.
Le CICR rappelle que depuis le déclenchement des hostilités en mars, il a contribué à récupérer plus de 407 cadavres.
Le conflit au Yémen a fait près de 4.400 morts et des milliers de blessés, selon le dernier bilan de l'Organisation mondiale de la santé.
Il oppose des rebelles chiites Houthis, basés dans le nord et qui ont pris le contrôle depuis l'année dernière de nombreuses régions du pays, aux forces progouvernementales qui ont reconquis d'importants territoires dans le sud du Yémen depuis la mi-juillet.