Le gouvernement syrien a critiqué hier la «partialité» de l'émissaire de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, dénonçant des propos «dénués d'objectivité».
«De Mistura s'éloigne, avec ses dernières déclarations, de l'impartialité dans l'exercice de sa mission, en tenant des propos dénués d'objectivité», a indiqué un responsable du ministère syrien des Affaires étrangères cité par les médias syriens.
De Mistura avait condamné lundi les raids aériens menés dimanche par l'armée syrienne sur un marché de la ville de Douma, près de Damas, faisant près d'une centaine de morts.
«Le bombardement du gouvernement sur Douma hier (dimanche) a été dévastateur, les attaques de zones civiles avec le lancement à l'aveugle de bombes aériennes, telles que des bombes incendiaires, sont interdites par le droit international», avait-il déclaré. Ces bombes ont «frappé une foule de civils» rassemblés sur la place du marché et «tué presque une centaine d'entre eux» sur un marché très fréquenté du centre de Douma (13 km au nord-est de Damas), et il «est inacceptable pour un gouvernement de tuer ses propres citoyens quelles que soient les circonstances», avait-t-il souligné.
Il avait ajouté que «l'accès humanitaire doit être assuré sans conditions, et les tueries doivent cesser, ce conflit ne se résoudra pas de manière militaire, comme cela a été prouvé ces dernières années». Le conflit en Syrie a fait plus de 240.000 morts depuis mars 2011, selon une ONG. Plus de quatre millions de Syriens ont fui le pays. L'envoyé spécial de l'ONU a lancé le mois dernier l'idée d'une reprise des pourparlers de paix, invitant toutes les parties à prendre part à des groupes de réflexion thématiques, qui pourraient s'organiser dès septembre.
Le Conseil de sécurité de l'ONU soutient un plan «historique» pour la paix en Syrie
Le Conseil de sécurité des Nations unies a apporté son soutien lundi à un nouveau plan pour la paix en Syrie, approuvé pour la première fois en deux ans par la Russie et les 14 autres membres.
Il s'agit du premier plan politique concernant le conflit syrien sur lequel tous les pays membres du Conseil se mettent d'accord, malgré les réserves exprimées par le Venezuela.
Le représentant permanent adjoint de la France à l'ONU, Alexis Lamek, a même qualifié cette entente concernant l'initiative pour des pourparlers de paix d'«historique».
«Pour la première fois en deux ans, le Conseil de sécurité s'unit et passe un message en soutien au processus politique en Syrie», a-t-il ajouté. Le Venezuela s'est dissocié de plusieurs parties du communiqué en 16 points du Conseil, qui appelle principalement à une transition politique en Syrie, qui est dans sa cinquième année de conflit.
L'ambassadeur vénézuélien auprès de l'ONU, Rafael Ramirez, a estimé que ce texte établit «un précédent très dangereux», en soutenant une transition qui, dit-il, viole le droit des syriens à l'autodétermination. L'initiative, qui doit démarrer en septembre, devrait permettre la mise en place de quatre groupes de travail sur la sécurité et la protection, le contre-terrorisme, les questions politiques et légales ainsi que la reconstruction.
Le Conseil appelle à mettre fin à la guerre en «lançant un processus politique mené par la Syrie vers une transition politique qui rejoint les aspirations légitimes du peuple syrien».
La transition comprend «l'établissement d'un corps dirigeant de transition inclusif avec les pleins pouvoirs, qui devrait être formé sur la base d'un consentement mutuel tout en assurant la continuité (du fonctionnement) des institutions gouvernementales».