Le principal groupe d'opposition au Burundi a annoncé samedi qu'il allait boycotter le scrutin présidentiel, reporté du 15 au 21 juillet, tout en soulignant que rien n'a été fait pour créer des conditions favorables aux élections. «Le problème pour les élections n'est pas la date, mais les conditions pour un climat favorable aux élections justes, crédibles et inclusives.
Nous n'allons nous plus au scrutin présidentiel», a indiqué François Bizimana, porte-parole de la principale coalition d'opposition «les indépendants de l'espoir», cité par des médias.
M. Bizimana a indiqué que l'Union africaine (UA) et la Communauté est-africaine (CAE) avaient plaidé pour un «consensus» sur le calendrier électoral via un cadre de dialogue.
Deux intermédiaires envoyés par l'ONU, Said Djinnit et Abdoulaye Bathily, ont été rejetés respectivement par l'opposition et le parti au pouvoir. M. Djinnit, accusé d'être favorable au gouvernement, a été rejeté en juin et début juillet, son successeur Bathily a été rejeté par le parti au pouvoir, qui l'accuse d'«intervenir» dans les affaires internes du pays.
Selon M. Bizimana, «beaucoup de conditions, telles que le désarmement des groupes de jeunes affiliés aux parties politiques, le 3e mandat du président Pierre Nkurunziza, la réouverture des stations de radio et la libération de protestants contre le 3e mandat de Nkurunziza, n'ont pas été respectées».
Un décret présidentiel publié samedi stipule que le scrutin présidentiel a été reporté du 15 juillet au 21 juillet. La campagne pour les élections présidentielle a été prolongée jusqu'à 18h00 heure locale du 18 juillet. Le Burundi est dans la tourmente depuis fin avril après l'annonce de la décision de M. Nkurunziza de briguer un troisième mandat, décision critiquée par les opposants comme une violation de la constitution.
Les affrontements entre les manifestants et la police ont fait plus de 70 morts et ont poussé quelque 140.000 Burundais à se réfugier dans les pays voisins. Le 29 juin, les principaux groupes d'opposition de la nation de l'Afrique de l'est ont boycotté les élections législatives, locales et communales.