C’est presque en jargon militaire que le Premier ministre, Manuel Valls a expliqué son nouveau plan de lutte contre les extrémismes sur internet et les réseaux sociaux.
Invité à une rencontre organisée, la semaine dernière, par l’université Paris Dauphine et le site d’information huffingtonpost.fr, sur le thème «De nouveaux médias, pour de nouvelles formes d'engagements?», il a eu le temps de revenir sur sa stratégie pour contrer tous ces mouvements qui activent notamment sur les réseaux sociaux.
Ce plan «de bataille» appelé «Stop jihadisme» repose sur un site internet diffusant une vidéo à destination des jeunes pour les dissuader de céder aux discours extrémistes, et ce, en « reprenant les codes des contenus postés par les jihadistes afin de démonter les arguments utilisés par les islamistes radicaux », rapporte le site huffingtonpost.fr.
Il a reconnu l’existence d’un «chiffre terrible, plus d’une centaine de jeunes sont morts », et attribué cela à une responsabilité collective, « qui est celle de la société, qui est celle des familles, mais qui est forcément celle de l'école et forcément celle de ceux qui ont une responsabilité publique », a-t-il déclaré.
Face à une stratégie de communication des mouvements extrémistes qu’il a trouvée efficace, Valls a promis d’étendre son plan lutte à des mesures beaucoup plus profondes et structurées, comme celles qui serviront, à-t-il dit à "reconstruire pleinement l'école de la République.
Résolu à ne plus laisser la «place numérique» aux seuls discours extrémistes, Valls annoncé la mobilisation d’un «bataillon de community managers» pour produire un contre-discours destiné à son cœur de cible, à savoir « les jeunes en voie de radicalisation eux-mêmes », a-t-il précisé.
Le plan annoncé par Valls comprend également des actions pour l’analyse et la compréhension de ces discours extrémistes ; et pour ce faire, a-t-il ajouté, il faudra « recruter non pas que des policiers, mais aussi des hackers, des experts, des techniciens, car on doit avoir les mêmes outils, c'est à dire les mêmes personnes, capables de surfer sur la toile et d'être habiles ».
Pour en savoir un peu plus sur ce «bataillon» annoncé par le Premier ministre français, le journaliste du site huffingtonpost.fr s’est rapproché d’une source du service d’information du gouvernement, chargé de la mise en œuvre, qui lui a indiqué que cela prendrait la forme d’une unité à deux cellules : «l'une étatique, avec des fonctionnaires issus de ministères, et l'autre, qui serait adossée à une fondation privée, animée par des militants associatifs ».