Société

Naufrage du chalutier en Méditerranée : 800 morts L'UE promet d'agir

Publié par DK News le 21-04-2015, 15h55 | 53
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Le nouveau bilan du naufrage d'un chalutier dimanche au large de la Libye s'est alourdi à 800 morts, ont annoncé tôt mardi à Catane, en Sicile, des représentants du HCR et de l'OIM, quelques heures après l'annonce d'un plan d'action européen pour répondre au drame des migrants en Méditerranée.

«On peut dire que 800 personnes sont mortes», a déclaré Carlotta Sami, porte-parole du Haut commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) en Italie, avant que le porte-parole de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), Flavio Di Giacomo, ne confirme cette estimation basée sur les témoignages des 27 survivants arrivés dans le port sicilien vers minuit (22H00 GMT lundi).

«Nous avons confronté les témoignages, il y avait un peu plus de 800 personnes à bord, dont des enfants de 10, 12 ans. Il y avait des Syriens, environ 150 Erythréens, des Somaliens... Ils étaient partis samedi à 08H00 de Tripoli», en Libye, a expliqué Mme Sami.

Le récit des survivants affirme que le chalutier qui les transportait a chaviré sous l'effet d'un mouvement de foule alors qu'approchait un cargo portugais appelé à son secours.

Sommet extraordinaire de l'UE après une série de naufrage

Après une série noire de naufrages qui ont fait des centaines de morts depuis le début de l'année, l'Union européenne a décidé de tenir jeudi un sommet extraordinaire pour répondre en urgence au drame des migrants en Méditerranée, Le dernier a eu lieu près de l'île grecque de Rhodes, où un voilier s'est échoué lundi sur des rochers.

Trois migrants, dont un enfant, ont péri, et 93 personnes ont pu être sauvées au cours d'une opération de secours à quelques mètres du rivage. La semaine dernière, quelque 450 migrants étaient déjà morts dans des accidents similaires, selon les autorités italiennes.

L'UE semble prête à réexaminer la répartition des demandeurs d'asile au sein des 28, et non plus seulement en Italie, en Grèce, en Espagne, à Malte et Chypre, les principales portes d'entrée dans l'UE.

Les Européens se montraient jusqu'ici très frileux, craignant que le renforcement des secours en mer et l'engagement à accueillir plus de gens ne créent un appel d'air, alors que le flot de migrants n'a jamais été aussi élevé. 35.000 migrants sont arrivés par bateau

dans le sud de l'Europe depuis le début de l'année, selon le Haut commissariat aux réfugiés.
Les Européens misent aussi sur la coopération avec les pays d'origine et de transit pour mieux réguler les flux, pesant de toutes leurs forces pour la formation d'un gouvernement d'union en Libye afin de mettre fin au chaos dans le pays, seul moyen, selon eux, «d'endiguer durablement les départs de migrants africains et de réfugiés syriens massés sur ses côtes».

Par ailleurs, Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon a exhorté lundi l'Union européenne (UE) à «intensifier» son soutien aux pays riverains qui «portent le plus lourd fardeau» dans les opérations de secours et d'accueil des candidats à l'immigration.

«La Méditerranée se transforme rapidement en une mer de souffrances pour des milliers de migrants», a affirmé M. Ban à l'ouverture d'une réunion à l'ONU pour préparer un sommet humanitaire qui doit avoir lieu en 2016 en Turquie.

Le chef de l'ONU a «exhorté l'Union européenne à démontrer sa solidarité en intensifiant son soutien» aux pays riverains, rappelant que l'Italie, la Grèce et Malte «portent le plus lourd fardeau» dans les opérations de secours et d'accueil.

Il a souligné à ce propos la nécessité de «renforcer la capacité de sauvetage en Méditerranée et ailleurs» mais également de «sévir contre les criminels qui exploitent les plus vulnérables», en référence aux passeurs.

Plan d'action

L'Union européenne planche sur dix actions «immédiates» pour faire face à la «crise» migratoire en Méditerranée, incluant le renforcement des opérations de surveillance et de sauvetage en mer, après une série noire de naufrages meurtriers.

«Nous devons prendre des mesures directes, pratiques et substantielles. Si nous n'agissons pas maintenant, la crise va prendre des proportions dangereuses dans les mois qui viennent», a prévenu le commissaire européen en charge du dossier, Dimitris Avramopoulos, en présentant son plan d'action.

Le plan a été «pleinement soutenu» par les ministres des Affaires étrangères et de l'Intérieur de l'UE réunis en urgence à Luxembourg, a-t-il indiqué au côté de la chef de la diplomatie de l'UE, Federica Mogherini.

Il doit être soumis jeudi aux chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE lors d'un sommet extraordinaire convoqué après un nouveau naufrage dimanche au large des côtes libyennes, qui fait des centaines de morts.

Le plan de l'UE prévoit un renforcement des moyens de l'agence de surveillance des frontières Frontex, par le doublement notamment des moyens de son opération de surveillance maritime Triton selon plusieurs sources diplomatiques.

Il faut rappeler que l'UE avait déjà adopté un plan d'action beaucoup plus ambitieux en 2013 après le naufrage d'une embarcation près de l'île italienne de Lampedusa.

Il prévoyait déjà le renforcement des moyens de Frontex, la lutte contre les trafiquants et une coopération avec les pays tiers. Mais il proposait également l'examen de voies légales pour l'immigration vers l'Union européenne, un point absent du plan d'actions présenté lundi.

Le vieux continent ambitionne aussi de s'attaquer aux trafiquants, en lançant une opération «systématique pour capturer et détruire les navires» utilisés, selon la Commission européenne.

L'UE souhaite mettre en place un projet pilote pour répartir entre les 28 pays membres, sur une base volontaire, au moins 5.000 demandeurs d'asile.

Il s'agit également d'étudier «les options pour un mécanisme de relocalisation d'urgence» de migrants qui arrivent dans le sud de l'Europe, outre un renforcement en amont de la mission européenne au Niger (Eucap-Sahel Niger) pour mieux verrouiller la frontière méridionale de la Libye qui est aujourd'hui «un couloir parfait pour les trafic d'êtres humains», selon la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini.

L'Australie conseille à l'UE l'adoption d'une politique très ferme

Le Premier ministre australien, Tony Abbott, a conseillé mardi à l'Union européenne de «suivre l'exemple de son pays et de refouler tous les migrants» arrivés par la mer afin d'empêcher des drames, après une série de naufrages en Méditerranée qui ont fait plusieurs centaines de victimes.

«Il est urgent que les Européens adoptent une politique très ferme qui puisse mettre fin au trafic d'être humains en Méditerranée», a déclaré Tony Abbott à des journalistes. Pour le ministre, «seul le refoulement systématique des bateaux chargés de migrants est efficace».

«Des centaines, peut-être des milliers de personnes se sont noyées en essayant d'atteindre l'Europe depuis l'Afrique. Le seul moyen d'empêcher ces tragédies est de mettre fin (à l'arrivée) des bateaux», a-t-il ajouté.

Peu après son arrivée au pouvoir en septembre 2013, le gouvernement conservateur de Tony Abbott a lancé avec l'aide de l'armée l'opération «Frontières souveraines» pour décourager les réfugiés d'arriver par la mer. Cette politique comporte deux volets.

Les bâtiments de la marine interceptent les bateaux transportant des migrants et les renvoient vers leur point de transit, souvent l'Indonésie.

Les demandeurs d'asile qui arrivent par bateau en Australie sont également placés dans des camps de rétention sur l'île de Manus, en Papouasie-Nouvelle Guinée ou sur l'île de Nauru, dans l'océan Pacifique.

Même si leur demande d'asile est considérée comme légitime après instruction de leur dossier, Canberra ne les autorise pas à s'installer en Australie. La seule option qui s'offre à eux est le retour dans leur pays, la vie dans les camps de rétention dans les îles ou au Cambodge, pays pauvre avec lequel l'Australie a conclu un accord.

Les défenseurs des droits de l'Homme dénoncent cette politique, estimant que l'Australie s'est tout simplement déchargée sur d'autres de ses responsabilités. Les Nations unies ont également condamné Canberra, accusée de manquer à ses obligations de signataire de la Convention sur les réfugiés de 1951 qui stipule que les migrants ont le droit de demander l'asile.

Selon des représentants du Haut commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) et de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), 800 migrants ont péri dans le naufrage dimanche survenu au large de la Libye.

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