Au moins 37 personnes ont été tuées et 80 blessées dans le bombardement nocturne d'une laiterie de Hodeida, dans l'ouest du Yémen, a indiqué mercredi le gouverneur de la province du même nom.
"Il y a eu 37 morts et 80 blessés" parmi les employés, a déclaré le gouverneur Hassan Ahmed al-Haï, sans préciser si l'usine a été touchée par un raid de la coalition conduite par l'Arabie saoudite ou par des tirs des rebelles chiites Houthis qui tiennent une position proche.
Les morts et les blessés ont été évacués vers l'Hôpital du 22-Mai. Selon le médecin de garde de l'établissement, les employés de la laiterie ont été victimes de l'explosion d'un réservoir de gaz, touché par un bombardement.
Une partie de l'usine a été dévastée par l'explosion et des recherches étaient toujours en cours mercredi pour tenter de dégager d'autres victimes éventuelles, a affirmé le directeur des services de santé de la province, Abdel Rahmane Jarallah.
Les circonstances exactes du bombardement restent imprécises. Des témoins ont affirmé que des rebelles Houthis avaient tiré des obus en direction de l'usine après que leur position proche ait été visée par un raid aérien de la coalition. D'autres, au contraire, ont indiqué que la laiterie avait été touchée par un missile tiré par un avion de la coalition.
une intervention terrestre n'est "pas nécessaire" pour l'instant
Une intervention terrestre au Yémen n'est "pas nécessaire" pour l'instant, a affirmé mardi le porte-parole de la coalition dirigée par l'Arabie saoudite qui mène depuis six jours des raids aériens contre les rebelles chiites ayant conquis des pans entiers de territoire yéménite. "Pour le moment, une intervention n'est pas nécessaire", a affirmé Ahmed Assiri, le porte-parole saoudien de la coalition composée de neuf pays arabes.
Mais une telle nécessité peut apparaître "à tout moment", a-t-il nuancé.Le Yémen, pays le plus pauvre de la péninsule arabique, est frontalier de l'Arabie saoudite, où a trouvé refuge depuis samedi le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi, chassé de la capitale Sanaa par les rebelles chiites Houthis.
Après être entrés dans Sanaa en septembre, les Houthis ont conquis des régions dans le centre, l'ouest et le sud, jusqu'à menacer Aden, la deuxième ville du pays, entraînant le début des frappes.
M. Assiri a rappelé que les raids de la coalition étaient destinés à bloquer l'avancée des Houthis vers Aden, et expliqué que d'autres frappes dans le nord, bastion des rebelles chiites, visaient à "les empêcher d'avancer vers la frontière saoudienne".
Sur la côte, des navires de guerre bloquent les accès maritimes. Des agences d'aide humanitaire ont signalé mardi leurs difficultés à acheminer un soutien crucial pour la population civile via la frontière saoudienne, alors que la logistique est compliquée par la fermeture des principaux aéroports et ports du pays, en raison des combats. L'Arabie accueillera toute aide humanitaire du moment qu'elle passe "par des canaux diplomatiques", a affirmé Ahmed Assiri, exigeant une coordination avec les autorités militaires.
Il s'est justifié après les critiques d'Amnesty International, sur la mort d'au moins six civils, dont quatre enfants, figurant parmi quatorze personnes brûlées vives après un raid de la coalition qui a visé mardi avant l'aube une cible Houthie dans la province d'Ibb (centre du Yémen). "S'il y a des civils tués (...) ce n'est pas le but de l'opération.
Les dommages collatéraux peuvent se produire", a déploré M. Assiri à ce sujet. "La coalition a été visée par des miliciens depuis une zone résidentielle et l'aviation a dû répliquer", a-t-il auparavant justifié.