Encore une fois, c'est le Premier ministre lui-même qui appelle les opérateurs et les grands décideurs de l'économie nationale à diversifier les instruments du commerce extérieur afin de sortir de la dépendance des hydrocarbures.
M. Sellal Abdelmalek, qui intervenait devant la conférence nationale sur le commerce extérieur, a bien situé les enjeux du moment concernant la chute des cours du brut et, surtout, la déprime économique dans les pays consommateurs.
Cette période de crise des prix du pétrole est ainsi propice, sinon «sérieuse et précieuse» pour l'Algérie d'engager le lent processus d'indépendance des exportations des hydrocarbures pour irriguer l'économie nationale et faire fonctionner les grands agrégats industriels. Et, à ce propos, il a été clair : «La conjoncture économique internationale marquée par une baisse vertigineuse des cours du pétrole constitue pour l'Algérie une opportunité précieuse pour reconsidérer la situation de son commerce».
Objectif : redynamiser le tissu industriel, l'agriculture, les services pour améliorer l'offre des produits d'exportations hors hydrocarbures, et, dès lors, rendre moins pesante la part des hydrocarbures dans le revenu national. Et, sur ce registre, il prévient les opérateurs qu'ils doivent en fait se projeter dans une perspective de créations de biens et de produits autant pour la consommation de l'économie nationale que pour être exportés, et ainsi augmenter la part des recettes d'exportations hors produits d'hydrocarbures.
Car le commerce international est le seul moyen pour un pays de rentabiliser son économie. Comment ? Il faut vendre plus, et acheter moins, de sorte à avoir une balance commerciale bénéficiaire.
C'est le cas des grandes économies, qui exportent plus qu'elles n'importent.
C'est pour cette raison que «l'Algérie est appelée à se projeter, en amont, vers une économie émergente qui repose sur l'entrepreneuriat national et le soutien aux entreprises nationales productives génératrices de richesse et d'emploi», préconise le Premier ministre, qui a rappelé en fait que l'ouverture de l'Algérie au commerce mondial est irréversible.
Même s'il a émis quelques observations, notamment le fait que la hausse de la valeur des exportations a atteint le chiffre inquiétant de 58,3 milliards de dollars en 2014, alors que les recettes d'exportation n'étaient que de 62,96 milliards de dollars, dont seulement 25% sont des exportations hors hydrocarbures. La hausse des exportations hors hydrocarbures, a donc insisté M. Sellal, est devenu un objectif, un credo du gouvernement.