Benkhalfallah Chahrazed, une femme typiquement Bordjienne, n’est pas une activiste. La jeune femme a pourtant trouvé le courage d’investir non pas dans un but lucratif mais dans un domaine où ce n’est pas le gain qui prime. Un domaine où rarement les chercheurs de bénéfices osent s’aventurer.
Il fallait une bonne dose de courage, de pugnacité et de talent pour réussir ce pari fou : bâtir une école privée en paramédical ’Errazi’’. Une mission qu’elle accepte, bien encouragée par son mari notamment, fan invétéré de l’action humaine. « L’investissement est dans l’Homme », dira Mme Benkhalfallah Chahrazed.
Où va-t-elle puiser cette force, ce courage qui l’empêche de craquer, de douter? Quels sont ses secrets pour paraître aussi forte, aussi déterminée, toujours aussi belle, souriante et volontaire pour servir l’autre?
Tour à tour manageuse, directrice des ressources humaines, formatrice…
Elle est une patronne hyperactive qui aime tout maîtriser. Elle fait partie de celles qui se dévouent intégralement et mettent leur vie au second plan quand il s’agit de choisir entre son confort et le bien être d’autrui.
Son action est immédiate, avec comme ambition « d’ancrer le club dans le domaine social et de lui donner une vraie dimension citoyenne. » L’autre mission pour Chahrazed, plus personnelle celle-ci, c’est d’intégrer un milieu résolument masculin…
Pas de quoi l’effrayer, bien au contraire : « Je n’ai jamais eu de souci. Ça ne m’a jamais posé de problème, car ce n’est pas forcément ce qu’on attend de moi. Je le vis plutôt comme un avantage que comme un inconvénient. Je pense même que les femmes ont une place de choix ici.»
Cela se ressent sur le terrain, l’école grandit à vitesse grand V sous son impulsion et celle de son époux: « L’école est infiniment plus ambitieuse. Une école à rayonnement nationale, on souhaite passer à un modèle encore plus impliqué dans la vie sociale et internationale.
C’est d’ailleurs le message qu’on a envoyé à travers notre accord avec une université Canadienne. » Une franche réussite basée sur le travail de son équipe présente sur le terrain. Un savant mélange d’hommes et de femmes impliqués dans leur tâche :
«La parité c’est capital ! À l’école, les filles et les garçons occupent la même place. L’Equipe féminine d’Errazi est elle-même un modèle et une vitrine pour les milliers de jeunes» Chahrazed mesure, quant à elle, combien la question féminine s’inscrit dans le mouvement de l’histoire même :
« De tout temps la femme a pris part aux révolutions. Elle y participe en tant que citoyenne, au même titre que l’homme, mais à la fin de la révolution, elle est toujours invitée à regagner son foyer. » Chahrazed, ainsi que les femmes de sa génération, savaient que la révolution n’apporterait pas d’elle-même l’égalité pour tous et qu’il faudrait littéralement arracher sa liberté. Une liberté en s’imposant comme elle vient de le faire avec beaucoup de courage, de sacrifice, de résistance et de bonté.
Le message de Chahrazed aux femmes algériennes : « Restez attachées à vos principes. Battez-vous. Peu importe la souffrance, prenez le temps d’aimer ce que vous faites et surtout vivez votre présent pleinement»
Aujourd’hui, l’école occupe une place à part dans le cœur des salariés, des stagiaires mais aussi des citoyens à qui elle a donné le sourire: « Tout le monde a de l’estime pour ce que l’école fait sur le terrain. Je dirais même que cette structure suscite de l’attachement car il y a beaucoup d'actions à destination de la société. »
Un attachement qui risque de se renforcer avec l’ouverture prochaine d’autres spécialités avec la réception de la nouvelle bâtisse. Cette combattante ne ménage pas ses efforts pour faire avancer son projet. Un projet qui fait déjà la fierté de Chahrazed.