Une peine de 20 ans de prison a été prononcée mardi par le tribunal criminel d'Alger, à l'encontre de K. Fatah, agent à la sûreté urbaine de Gué de Constantine pour homicide de deux jeunes, âgés tous deux de 26 ans, et blessure sur un collègue policier qui tentait de l'empêcher de commettre son crime.
Lors du procès présidé par le juge Tayeb Hilali, il a été démontré que l'accusé (33 ans) était sous l'effet d'un "mélange dangereux de psychotropes qui l'avait mis dans un état hystérique" ce qui l'a conduit à commettre ce crime selon le rapport d'expertise biologique réalisée par la police scientifique.
Les faits remontent, selon l'arrêt de renvoi, au soir du 7 octobre 2009 lorsque l'accusé a sommé, à un barrage à Gué de Constantine, les deux victimes d'arrêter leur véhicule et a demandé au conducteur de l'accompagner au poste où il l'a giflé, obligeant ses collègues à intervenir pour permettre à la victime de regagner sa voiture.
Entre-temps, l'accusé s'était emparé de l'arme collective du poste, une Kalachnikov, et a commencé à tirer en direction du conducteur et de son compagnon. 41 balles ont été retrouvées dans les corps des deux victimes.
Le chef de brigade a tenté de maîtriser l'accusé qui continuait à tirer, blessant son collègue qui a réussi à lui passer les menottes. Selon le chef de brigade de la sûreté urbaine de Gué de Constantine, l'accusé n'était pas ce jour chargé de dresser des contraventions routières.
Sa mission consistait à surveiller le poste. L'accusé a reconnu lors du procès, son homicide des deux victimes et qu'il était sous l'effet de psychotropes. Les deux victimes qui étaient des amis proches travaillaient ensemble à Bachdjarrah. Le parquet général avait requis la perpétuité, qualifiant les faits d'extrêmement graves.