Le film documentaire "Our terrible country" (Notre terrible pays), réalisé par le cinéaste syrien Mohammad Ali Atassi pour montrer le drame humain et la violence qui secouent la Syrie depuis quelques années a été projeté lundi soir à Tunis.
D’une durée de 83 mn, ce film témoignage a été présenté dans le cadre de la compétition officielle du film documentaire des 25e Journées cinématographiques de Carthage (Jcc) qui se tiennent à Tunis depuis samedi. Dans cette œuvre toute récente, le réalisateur suit le périlleux voyage de Yassin Hadj-Salah écrivain, militant et opposant syrien et du photographe Ziad Homsi depuis la ville de Douma, au sud-est, jusqu’au nord du pays aux frontières avec la Turquie.
A Douma, une ville qui vient tout juste de se débarrasser des milices armées et des snipers, où l’opposant s’était installé avec son épouse après sa libération en 1996, Yassin Hadj Salah dévoile l’étendue des dégâts : une ville réduite à un immense amas de gravats, une morgue de fortune installée dans la rue et des centaines de victimes et de déplacés laissant derrière aux "un semblant de ruines fantômes".
Le simple fait de suivre le quotidien de Yassin Hadj Salah témoigne d’une population qui se prépare pour "quitter les lieux dans l’immédiat tout en luttant comme si elle était condamnée à rester éternellement" dans une ville menacée par les terroristes de l’organisation autoproclamée Etat islamique (Daech) qui avaient fait prisonniers les frères de l’intellectuel.
Le voyage vers la ville de Raqqa au nord renseigne le spectateur du drame des populations déplacées obligées de traverser des zones inhabitées, hostiles et sillonnées par les terroristes.Cette crise Yassin Hadj Salah la justifie par la faible place "qu’occupent la culture et l’intellect dans la société syrienne" en plus des barrières érigées "par les autorités entre le peuple et son élite" laissant le champ libre à toutes sortes d’obscurantismes et de violences.
Une fois "temporairement exilé" à Istanbul, Yassin Hadj Salah apprend à la fin du tournage que son épouse a été faite prisonnière de l’organisation terroriste et reste sans nouvelles d’elle jusqu'à aujourd’hui.
Avec "Our terrible country", le réalisateur Mohammad Ali Atassi a réussi le pari de parler de la violence, de la dénoncer et d'en montrer l'étendue sans jamais la porter à l'écran ou la reproduire. Inaugurées samedi, les 25e Jcc se poursuivent jusqu’au 6 décembre à Tunis et dans six autres villes tunisiennes.