Au moment où des informations les plus folles et saugrenues circulaient sur le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, le Premier ministre Abdelmalek Sellal lui a rendu un vibrant hommage à partir de Bouira où il était en visite de travail et d’inspection. Un hommage qui a coïncidé avec le retour du chef de l’Etat au pays, suite à un examen médical routinier en France.
Le Premier ministre a demandé à l’assistance de saluer ce «grand moudjahid» et «grand homme». «Je vous de mande de saluer et de rendre hommage à cet homme de paix, de la réconciliation et du progrès».
Trois mots-clés qui marquent de manière indélébile les trois mandats du président Bouteflika depuis son élection en 1999. Le chef de l’Etat s’était engagé, lors de son premier mandat, à éteindre le feu de la fitna qui consumait dangereusement le pays.
Le président de la République a été élu au moment où l’Algérie était isolée au niveau international et son armée républicaine faisait l’objet d’une campagne de dénigrement et de diffamation sans précédents. Tous les voyants étaient au rouge et il a fallu un travail de longue haleine pour que l’Algérie retrouve progressivement sa place dans le concert des nations. Cela était loin d’être une sinécure, après une décennie au cours de laquelle certaines parties et pays, nostalgiques du colonialisme, avaient tenté de mettre à genoux l’Algérie.
Le chef de l’Etat qui avait acquis une aura mondiale quand il était ministre des Affaires étrangères au temps du président Houari Boumediene, avait pu progressivement rétablir l’image de l’Algérie à travers le monde en clouant notamment le bec aux adeptes du «qui-tue-qui». Les Algériens étaient alors agréablement émerveillés de voir un président qui s’imposait et portait haut la voix et l’image du pays à travers les capitales du monde. Mieux encore, aujourd’hui, l’Algérie est redevenu un pays écouté et respecté et dont l’avis est pris en compte.
A l’évidence, le rétablissement de l’image de l’Algérie à l’étranger ne pouvait pas être entièrement accompli sans le recouvrement de la paix interne. La Charte pour la paix et la réconciliation nationale, approuvée par voie référendaire en 2005, avait ainsi consacré dans une grande mesure le retour de la paix et de la stabilité en Algérie. Il est vrai que cette Charte est intervenue après un travail profond, à savoir la loi sur la rahma puis la concorde civile.
Il faut reconnaître que le mérite revient aux efforts du président de la République qui avait bravé les poches d’opposants à la réconciliation et les familles des disparues, lesquelles sont dans leur droit d’exiger davantage de lumière sur les leurs. Il a expliqué alors que l’Algérie doit être mise au-dessus de toute considération, insistant sur le retour de la paix et de la sécurité, clé de tout développement.
Sous l’ère Bouteflika, il faut aussi reconnaître que le pays a rattrapé des retards incommensurables en matière de relance de développement socioéconomique, malgré des manques dus à des facteurs exogènes et à une conjoncture internationale de plus en plus difficile.
En ce sens, le président Bouteflika a pu faire sortir le métro, plongé dans un tunnel obscur depuis les années 1980. A cela s’ajoutent le lancement du tramway, l’autoroute Est-Ouest, la construction de grands barrages hydrauliques ayant mis fin à la récurrente et grave pénurie de l’alimentation en eau potable, notamment le grandiose projet de transfert de l’eau de In Salah vers Tamanrasset.
L’effacement de la dette extérieure de l’Algérie est également un acquis pour le pays qui a recouvré, pour ainsi dire, sa souveraineté après avoir été soumis à des ajustements structurels imposés par les institutions financières mondiales.
Autant de projets et d’acquis que retiendra l’histoire de l’Algérie et Sellal avait toutes les raisons de demander aux Algériens de rendre hommage à un homme qui aura marqué l’histoire contemporaine du pays.