L'Union européenne doit s'impliquer davantage et mobiliser plus de moyens pour venir en aide aux réfugiés fuyant les conflits pour l'autre rive de la Méditerranée, a réclamé mardi Amnesty International.
«L'UE et ses pays membres doivent fournir d'urgence un nombre accru de navires de recherche et de sauvetage en Méditerranée centrale, munis d'un mandat clair de sauvetage de vies humaines en haute mer et des ressources nécessaires à cet effet», a souligné John Daluissen, responsable du programme.
Europe et Asie centrale d'Amnesty International dans un rapport rendu publique. Dans ce rapport très critique, l'ONG a pointé un doigt accusateur en direction des Etats membres de l'UE face aux «drames» en Méditerranée. Alors que les chiffres ne cesse de prendre de l'ampleur «l'Europe regarde ailleurs», a dénoncé Amnesty qui parle «d'Europe forteresse».
La seule action positive face aux naufrages qui mérite selon lui d'être citée est venue de l'Italie. Il s'agit, explique-t-il de l'opération «Mare Nostrum» où une partie importante de la marine a été deployée pour des opérations de recherche et de sauvetage en Méditerranée centrale», a-t-il souligné. Les autorités italiennes ont annoncé leur décision de mettre fin à l'opération Mare Nostrum en novembre. La Commission européenne a préconisé de la remplacer et une nouvelle opération, baptisée Triton, doit être lancée en novembre.
Elle sera supervisée par Frontex, l'agence de surveillance des frontières de l'UE. «Mais elle ne remplacera pas Mare Nostrum», a affirmé une source européenne impliquée dans la gestion du dossier, citée par l'AFP. «Les besoins ont été identifiés et un appel à contributions va être lancé dans les prochains jours», a précisé cette source. Mais la décision de participer ou non appartient aux Etats membres. «Triton sera un complément, pas une substitution pour Mare Nostrum», a insisté cette source.
«Si l'opération Mare Nostrum devait prendre fin sans qu'elle ne soit correctement remplacée, les atermoiements et les différends sur les opérations de recherche et de sauvetage risquent de mettre de nouveau des vies en péril», a averti M. Daluissen.
«Faisant fi des dangers et des mesures de l'UE visant à les éloigner, les réfugiés et les migrants continueront à braver tous les dangers, risquer leur vie et celle de leurs enfants pour fuir leurs pays d'origine où sévit la guerre, où leurs droits sont bafoués ou qui luttent pour leur survie économique», a averti Amnesty.
«Les Etats de l'UE ne peuvent pas les orienter vers les itinéraires maritimes les plus dangereux du monde pour ensuite les livrés à eux mêmes». Depuis le début de l'année 2014, plus de 2.500 personnes ont péri noyées ou ont disparu dans le large de la Méditerranée. L'Europe ne peut pas rester indifférente «au drame qui se déroule à sa porte», a ajouté le responsable d'Amnesty International.
Lundi, l'Organisation internationale pour les migrations avait donné un bilan de plus de 3.000 morts depuis janvier, soit plus du double que lors du pic de 2011.