«Je serai celui qui rassemblera les Algériens». Une phrase du Président qu’on n’oubliera jamais. Rassembler, c’est fatalement réconcilier.
Réconcilier, c’est fatalement instaurer la paix, c’est éradiquer la violence, c’est rétablir la sécurité intérieure, c’est également contribuer à la sécurité régionale, car, disait-il, il ne saurait s’établir définitivement la stabilité sans une sécurité collective qui y intègre les voisins et plus loin encore. L’objectif de la réconciliation nationale, c’est la paix qui rend possibles la tolérance et le développement.
Instaurer la réconciliation nationale comme valeur servant de modèle à l’exporter. Pourquoi l’exporter ? C’est une sollicitation des pays qui souffrent de l’instabilité, de l’insécurité, en particulier dans notre voisinage le Mali, la Libye et également la Tunisie qui se sont beaucoup rapprochées de l’Algérie pour bénéficier de son «expérience» dans les retrouvailles avec la paix.
Avant son avènement à la magistrature suprême, le Président avait mesuré la distance d’intolérance entre des forces politiques, il avait fait le constat que les virus des divisions étaient transférés de la classe politique vers les populations, créant ainsi les conditions d’une plongée durable vers les guerres civiles. Le Président avait identifié les sources du mal et ne s’était pas suffit d’en conjurer les périls, mais s’était engagé à s’attaquer à celles-ci.
Depuis que le Président de la République a été sollicité pour diriger le pays dans un contexte international où les paramètres de la géopolitique ont été bouleversés, et dans un contexte national, où l’Algérie devait absolument retrouver la paix pour ne pas s’effondrer, pour la première fois, les populations se sont mises à se familiariser avec les concepts jusque-là inconnus du vocabulaire traditionnel à savoir la sécurité collective, l’action concertée, la solidarité opérationnelle, la réconciliation nationale et le dialogue.
Tant sur le plan international que national, les opinions publiques étrangères et nationales ont découvert en la personne du Président algérien un homme décidé à contribuer partout à l’instauration de la paix pour désamorcer toute crise susceptible d’affecter la sécurité internationale et la sécurité nationale.
Les concepts de paix et de sécurité y compris de l’interdiction de l’ingérence étrangère se retrouvent comme des invariants dans les discours du Président de la Pépublique, Abdelaziz Bouteflika, pratiquement tous ses discours, si on s’y réfère, pour en saisir les principaux éléments.
Ses concepts ont beaucoup structuré la pensée algérienne en matière de réconciliation, de diplomatie et de sécurité. Le Président est demeuré constant dans la formulation des objectifs et la définition des actions de politique intérieure et de diplomatie.
Au nom de Bouteflika était sans cesse collée l’image d’un homme de paix, de l’Homme de la paix.
L’Homme de la paix, les acteurs internationaux de la diplomatie l’avaient découvert aux Nations unies avec l’immense succès qu’il avait remporté en réussissant l’exploit de faire inviter par les Nations unies feu Yasser Arafat à expliquer sa cause devant l’Assemblée générale des Nations unies. Un autre grand exploit, l’expulsion de l’Afrique du Sud des Nations unies pour cause d’apartheid à l’égard des populations noires. Le monde se ralliera également à l’action diplomatique algérienne au sein du mouvement des Non-alignés.
L’Algérie n’est plus à la recherche de la définition d’un nouvel ordre national interne à instaurer. Elle sait avec précision, avec exactitude, la nature de ce nouvel ordre national car, en fait, cela fait bien longtemps que le cap est maintenu sur la démocratie car il n’y a plus d’obstacles pour y parvenir. Seulement, il ne faut pas oublier que le Président avait bien affirmé que la paix est le préalable à tout. La paix est synonyme de la sécurité, ce sont deux Etats qui « vivent » ensemble. Pas de paix sans sécurité et pas de sécurité sans paix.
Mais, sans la réconciliation , il n’y aura ni paix, ni sécurité ni développement. Où qu’on tourne le regard, on les voit comme des préalables à tout, y compris le développement. Beaucoup plus qu’un ordre nouveau, c’est la confirmation que maintenant l’Algérie est bien placée sur les rails et que son avancée sera irréversible.
Irréversible, car tous les citoyens ont maintenant la conviction qu’il n’y a pas de passé auquel retourner. Nous sommes engagés sur la passerelle, et il n’y a pas d’alternative autre que celle qui consiste à avancer pour atteindre l’objectif. C’est ce que disent les populations, et toutes les catégories professionnelles qui construisent l’avenir de l’Algérie.
C’et ce qu’on doit comprendre à travers tous les discours du Président qui accordent une place importante aux concepts qui structurent la pensée stratégique de l’Algérie. Le Président a réussi à y intéresser les attentions des populations et faire naître des convictions, à savoir travailler pour garantir la stabilité des institutions, la démocratie, l’Etat de droit, les droits de l’Homme, le respect de l’autre, la solidarité.
Nous en avons fini avec les périodes d’incertitudes, les périodes de transition et nous en sommes à nous adapter aux mutations mondiales car l’Algérie est intégrée dans le courant mondial auquel nous sommes arrimés pour ne pas nous retrouver «seuls ». Nous en sommes aujourd’hui à une étape très importante dans la vie politique, sécuritaire, économique, sociale dans le pays travers la révision de la Constitution.
Nous avons produit de grands efforts sur la ligne de départ en cohérence et nous avançons en développant des consultations pour s’assurer que tous les avis sont exprimés et intégrés dans une vision plus élargie possible. Pour l’Algérie qui s’apprête donc à vivre un grand moment avec la révision de la Constitution, les valeurs démocratiques sont des atouts et non des malédictions.
En se libérant des instabilités, par l’action politique qui permet de réintégrer les partis légaux dans le champ politique, l’Algérie s’attelle maintenant à se libérer de toutes les insécurités. Pourquoi des insécurités ? Parce que d’une part, lorsque la stabilité revient, toutes les autres formes de violence et d’incivilité qui lui étaient conséquentes doivent disparaître pour qu’elles ne se reconstituent pas en menace, d’autre part, les insécurités de part et d’autre des frontières entrent en conjonction sous l’égide du terrorisme.
En atteignant la vitesse de croisière dans le champ de la démocratisation, avec la sortie des violences cumulées de la décennie de la tragédie, l’Algérie sait que cette avancée ne pourrait être consolidée qu’avec la réunion des conditions d’une stabilisation de notre espace régional auquel elle est partie prenante. Comment établir une stabilité collective si au moins un des membres est au bord d’une déstabilisation pouvant s’accompagner d’un chaos dévastateur ?
Et, pour compléter le concept de lutte globale contre le terrorisme, l’Algérie estime que la sécurité collective, l’action concertée, la solidarité opérationnelle, et le dialogue pour désamorcer toute crise susceptible d’affecter la sécurité internationale, se retrouvent comme constantes dans les discours du Président de la République, pratiquement tous ses discours pour en saisir les principaux éléments. Il se dessine l’ossature d’une doctrine de défense et de politique extérieure construite sur des invariants qui balisent l’action diplomatique.
Où en sommes-nous dans la mise en œuvre de la charte pour la paix et la réconciliation nationale ? Maître Azzi Merouane a évalué à 95% le taux de réalisation. La réconciliation nationale est considérée comme l’instrument de la «refraternisation». Elle a permis la paix par la réintégration sociale.
La réconciliation nationale est la composante humanitaire de l’expression de la lutte globale contre le terrorisme. Elle a réussi à éviter le risque d’une replongée dans le contexte de la tragédie nationale, car sans la réconciliation, le climat futur à léguer sera celui de la vengeance.
Il faudrait par la durée de la paix finir par faire un solde de tout compte. La concorde civile avait fourni une assise juridique au repentir dans les effectifs de l’AIS qui a été la première à bénéficier de cette démarche qui consiste à obtenir le désarmement des milices et le renoncement à la pratique de la violence contre l’offre de l’arrêt des poursuites judiciaires et de la réintégration sociale.
De la concorde civile à la réconciliation nationale, il y a eu 16 000 terroristes qui se sont repentis et ont remis à l’Etat leurs armes et bagages. Ainsi, la réconciliation nationale a pratiquement fait disparaître les souffrances des populations.