Une «décentralisation très poussée» et une «régionalisation» du Mali ont été proposées dans le cadre de la deuxième phase des négociations de paix en cours à Alger, a déclaré dimanche le président malien Ibrahim Boubacar Keïta à la chaîne de télévision TV5.
«Face aux demandes de fédéralisme, nous avons proposé la régionalisation, nous proposons une décentralisation très poussée», a dit M. Keïta lors d'un entretien réalisé à Bamako. «Des propositions très concrètes ont été mises sur la table», a-t-il indiqué.
Le chef de l'Etat malien a fait valoir qu'«il y a beaucoup de pays, des grands pays même, dans lesquels il y a eu des velléités identitaires, qui poussaient jusqu'à vouloir l'indépendance, l'autonomie». Ces mouvements, a-t-il dit, «n'ont pas eu gain de cause parce qu'aujourd'hui aucun Etat responsable n'incline vers cela».
Mais le président malien a déploré le caractère «disparate» des mouvements avec lesquels son gouvernement négocie. «Je suis fermement convaincu qu'il faut que nous parlions avec tous nos frères, sauf les terroristes», a-t-il dit. «Toute la communauté internationale est avec nous à Alger et elle sera garante de la suite de ces accords-là», a-t-il assuré.
Des mouvements du nord du Mali ont annoncé récemment leur décision de parler d'une «seule voix» au nom du peuple de l'Azawad dans le cadre du dialogue avec pour but d'arriver à une solution «juste» et «globale» pour toutes les parties concernées.
Les négociations de la seconde phase du dialogue intermalien qui se poursuivent actuellement ont débuté le 1er septembre. La phase initiale qui avait eu lieu du 17 au 24 juillet à Alger, a été couronnée par la signature de deux documents comportant la feuille de route pour les négociations dans le cadre du processus d'Alger et une déclaration de cessation des hostilités entre le gouvernement du Mali et six mouvements politico-militaires du nord de ce pays.
Outre les représentants du gouvernement malien, les six mouvements signataires des deux documents étaient le Mouvement arabe de l'Azawad (MAA), la Coordination pour le peuple de l'Azawad (CPA), la Coordination des Mouvements et Fronts patriotiques de résistance (CM-FPR), le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), le Haut conseil pour l'unité de l'Azawad (HCUA) et le Mouvement arabe de l'Azawad (dissident).