Le Premier ministre du Lesotho a pu rentrer dans son pays mercredi et regagner sa résidence, quatre jours après un coup de force de l'armée qui a déstabilisé ce petit pays enclavé dans l'Afrique du Sud, a indiqué un conseiller.
"Il a passé la frontière et est rentré en toute sécurité", a indiqué Samonyane Ntsekele, un conseiller qui avait accompagné Thomas Thabane dans sa fuite en Afrique du Sud juste avant le coup de force, cité par l'AFP."Nous sommes maintenant dans sa résidence officielle", a-t-il ajouté."Ceux qui accompagnent le Premier ministre sont de la police sud-africaine, mais il y a aussi quelques policiers locaux avec eux", a précisé M. Ntsekele.
Le coup de force de l'armée au Lesotho aux premières heures de samedi dernier a fait un seul mort et une sortie de crise a été rapidement annoncée lundi depuis Pretoria sous l'égide de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), l'organisation régionale.
Ce dénouement prévoyait le retour rapide de M. Thabane de son court exil en Afrique du Sud et l'envoi d'urgence d'observateurs politiques mais aussi de sécurité et de défense.M. Thabane et son adjoint, le vice-Premier ministre Mothetjoa Metsing, se déchirent politiquement depuis des mois au sein d'un gouvernement de coalition, M. Metsing réclamant le rétablissement du Parlement suspendu par le Premier ministre pour éviter une motion de censure.
Le conflit politique a dégénéré samedi au lendemain de la décision de M. Thabane de changer le chef des armées.L'armée s'est déployée à l'aube dans la capitale et a neutralisé l'arsenal d'armes et de véhicules appartenant aux policiers ainsi que la résidence du Premier ministre, qui avait juste eu le temps de s'enfuir en dénonçant un coup d'Etat. Les militaires ont nié avoir voulu s'emparer du pouvoir et ont regagné leurs casernes dès la journée de dimanche.