Les habitants de Béni, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), sont descendus, jeudi, dans la rue pour dénoncer les violences qui règnent dans cette partie du pays.
Après deux jours sans activité pour rendre hommage aux victimes du double attentat à la bombe commis le 27 juin, qui a fait plusieurs blessés, Béni a été frappée par une nouvelle attaque menée par les rebelles ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF), un groupe qui sévit dans la région depuis des décennies.
Dans la nuit de mercredi à jeudi, au moins dix personnes, dont quatre femmes, ont trouvé la mort lors d'une attaque menée par les rebelles.
Ces derniers ont mené une incursion dans le quartier de Rwangoma, avec comme pisteurs des cultivateurs pris en otage deux jours auparavant dans leurs champs du village de Mangolikene, afin de contourner les positions militaires à l'entrée de Béni. Ils ont notamment incendié des habitations et des commerces, selon les autorités locales.
"La situation à Béni est très compliquée, elle est très précaire. Cette situation est un avertissement et env oie des signaux forts qui pourraient permettre aux services de sécurité d'intervenir", a déclaré aux médias Kizito Bin Hangi, président de la société civile de Béni.
Suite à ce nouveau drame meurtrier, des foules immenses sont descendues dans la rue pour exprimer leur colère.
Pour eux, la région de Béni, dans la province du Nord-Kivu, n'a jamais cessé de déplorer le meurtre de civils par les rebelles des ADF. La colère des habitants a provoqué la paralysie de plusieurs activités socioéconomiques. Certains magasins du centre commercial de Matonge ont fermé et même plusieurs écoles n'ont pas tenu de cours.