Le président sénégalais Macky Sall a promis samedi soir le dialogue avec l'opposition et de "nouvelles réponses" aux demandes de la jeunesse, un mois après les graves troubles qui ont frappé son pays. Dans une allocution télévisée à la veille de la fête nationale, M. Sall, au pouvoir depuis 2012, a aussi assuré rester "à l'écoute des pulsions profondes du pays", alors que l'opposition accuse le gouvernement d'être sourd aux demandes primordiales, à commencer par celles de la jeunesse. "Je continuerai de répondre aux besoins d'accès aux infrastructures, à l'eau, à l'électricité, à l'éducation, aux soins de santé, au logement, à l'emploi et aux activités génératrices de revenus", a dit M. Sall. Le Sénégal a été le théâtre du 3 au 8 mars de scènes d'affrontements et de pillages inédites depuis au moins 2012. Les troubles ont fait plusieurs morts.
L'arrestation du principal opposant au président, Ousmane Sonko, passe pour avoir porté à son comble l'exaspération accumulée face à la dureté de conditions de vie encore aggravée par la pandémie de Covid-19, et face à un exercice jugé trop autoritaire du pou voir.
La pandémie a durement affecté l'économie et de larges tranches de population, dont 40% vit sous le seuil de pauvreté.
La contestation a fortement mobilisé les jeunes dans une population dont les moins de 20 ans représentent plus de la moitié.
Le président et le gouvernement se sont depuis employés à l'apaisement. "Je resterai toujours ouvert au dialogue et à la concertation", a dit M.Sall samedi soir. Il a prêché la "coexistence pacifique" et appelé au respect des institutions, dont les symboles comme des bâtiments publics ont été attaqués début mars. Elu en 2012, réélu en 2019, M. Sall, 59 ans, n'a rien dit sur ses intentions quant à la présidentielle de 2024, sujet sur lequel il entretient le flou et qui crispe l'opposition.