Société

Braconnage : Plus de 2.900 animaux protégés saisis par la douane algérienne en 2020 (DGF)

Publié par DK NEWS le 07-03-2021, 17h17 | 44
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Plus de 2.900 animaux protégés, de différentes espèces, ont été saisis par les douanes algériennes au niveau des frontières en 2020, a indiqué mercredi à Alger, une responsable à la Direction générale des forêts (DGF). 
"Rien que pour l'année écoulée, les services des douanes ont saisi 2.953 animaux dont 2.773 chardonnerets, 45 perroquets du Sénégal, 32 perroquets gris du Gabon et 23 perdrix gambra", la directrice de la chasse et de la faune sauvage, au sein de la DGF, Wahida Boucekkine, lors d'un séminaire sur la faune et les écosystèmes, tenu à la réserve de chasse de Zéralda, à l'occasion de la journée mondiale de la vie sauvage. 
Dans ce sens, Mme. Boucekkine a fait savoir qu'un projet de loi est en cours de préparation afin de permettre à l'Algérie le contrôle effectif des entrées et sorties des espèces animales et végétales au niveau de ses frontières dans le cadre l'application de la convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES). En effet, l'Algérie avait adhéré en 1982 à la CITES. 
Appelée communément la convention de Washington, cette accord entré en vigueur en juillet 1975, réglemente l'exportation, la réexportation et l'importation des animaux sauvages ou leur produits ainsi que les espèces végétales. 
La CITES classifie les animaux et les plantes menacés de disparition selon l'importance du risque de leur extinction. 
Ainsi, le premier annexe de la convention comprend les animaux et les plantes vraiment en danger qu'il faut absolument protéger par tous les pays signataires, alors que le deuxième annexe concerne les animaux et les plantes plus ou moins vulnérables. 
Le troisième annexe regroupe quant à lui les noms des espèces protégées unilatéralement dans un Etat qui a fait appel à l'assistance des autres parties signataires de la convention pour l'aider à contrôler et interdire leur commerce. La coopération internationale dans le cadre de cette convention concerne même les produits issus de ces espèces protégées tels "les racine des plantes ou arbres, les peaux, les poiles, les plumes", souligne la directrice. 
"Outre la préparation de la loi CITES, la DGF travaille en collaboration avec le ministère du Commerce pour réglementer le commerce de certains animaux, notamment les oiseaux", a-t-elle fait savoir, en faisant constater que la quasi-totalité des espèces qui circulent sur le marché actuellement sont des animaux de contrebande qui peuvent véhiculer des maladies graves. 
Elle a cité notamment les perroquet et perruche et les oiseaux de proie, soulignant à cet effet qu'un travail de partenariat a été réalisé avec le ministère du Commerce pour réglementer cette activité à travers un registre de commerce exigeant une fiche technique qui précise l'origine et la race de l'animal. 
Outre le commerce illicite qui menace l'existence de ces espèces, Mme. 
Boucekkine a également évoqué l'urbanisation effrénée et l'agriculture extensive qui fait que ces nivaux soient chassés graduellement de leur espaces :" leur survie est ainsi menacée car ces espèces survivent difficilement dans des habitats réduits", a-t-elle regretté. 
Interrogée sur le Guépard du Sahara , elle a affirmé que l'Algérie compte la population la plus importante au monde avec près de 150 individus. 
Ce félin vie au Sahara notamment dans deux aires protégées : les parcs culturels de l'Ahaggar et Tassili mais également à Illizi et Ain Salah. 
Pour sa protection efficace, la stratégie de la DGF se base sur la sensibilisation des populations locales sur l'importance de cette espèce rare qui est protégée à l'échelle mondiale ainsi que sur la nécessité de préserver ses proies. Elle a rappelé qu'un plan d'action pour la préservation de ce fauve a été lancé par la DGF en partenariat avec l'association britannique Range Wide Conservation Program for Cheetah (RWCP). 
Comme la préservation de ce félin vulnérable passe nécessairement par la restauration des écosystèmes de la région notamment à travers la préservation de ses proies, le plan d'action lancé avec l'association britannique consiste à développer l'élevage en captivité des gazelles et des mouflons à manchette propre à la région afin de les réintroduire dans la nature sauvage et au niveau des aires protégées. 
Selon les données communiquées par la responsable lors de cette rencontre, l'Algérie compte 108 espèces de mammifères dont 53 espèces protégées et 13 espèces menacées de disparition, ainsi que 378 espèces d'oiseaux, dont 125 protégées et 7 menacées de disparition et 90 espèces de reptile dont 46 protégées et 3 menacées de disparition en plus 164 espèces de poissons et 20.000 espèces d'invertébré. 
Concernant sa richesse végétales, le pays recèle de 3.139 espèces dont 551 espèces menacées. 
Des mesures législatives et réglementaires ont été renforcées pour protéger cette richesse notamment à travers la loi 2006 relative à la protection et la préservation de certaines espèces animales menacées de disparition qui a conféré un statut de protection spécifique à 23 espèces menacées en raison de la diminution "inquiétante" de leurs effectifs et de la dégradation de leurs habitants. 
La responsable a fait constater néanmoins que des espèces menacé ont complètement disparu durant ces dernières décennies en citant entre autres l'addax, l'oryx et l'ibis chauve. 
Le directeur générale des forêts, Ali Mahmoudi, a estimé pour sa part que l'une des causes "profondes " de la perte de la biodiversité, réside dans la méconnaissance des valeurs qu'elle incarne. Il a préconisé à cet effet une stratégie de sensibilisation pour expliquer aux citoyens l'importance de cette richesse variée qu'il importe de préserver pour les générations futures. 

 

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