Le Koweït a intronisé mercredi son nouvel émir, cheikh Nawaf al-Ahmad Al-Sabah, qui succède à son demi-frère, cheikh Sabah, décédé aux Etats-Unis à l'âge de 91 ans. Le nouvel émir, âgé de 83 ans, a prêté serment à l'Assemblée nationale, alors que le pays se prépare à recevoir le corps de cheikh Sabah al-Ahmad Al-Sabah. Le Koweït a entamé une période de deuil national de 40 jours. "La précieuse confiance que le peuple du Koweït nous a accordée sera préservée comme la prunelle de nos yeux", a déclaré le nouvel émir après avoir prêté serment, visiblement ému.
Le corps du cheikh Sabah, un grand médiateur considéré comme l'architecte de la politique étrangère du Koweït moderne, devrait arriver dans le pays tard mercredi. Il s'est éteint la veille dans le Minnesota (nord des Etats-Unis) où il suivait un traitement à l'hôpital depuis juillet. Selon le palais royal, les funérailles seront "limitées aux proches de l'émir", une mesure probablement destinée à éviter de grandes foules en pleine pandémie de coronavirus.
Cheikh Sabah fut un vieux routier de la politique et un doyen de la diplomatie dans un Golfe tourmenté par plus de cinq décennies de crises et de conflits ayant impliqué son pays. Cheikh Nawaf, qui a occupé de hautes fonctions depuis des décennies dans ce pays membre de l'Opep, prend la relève alors que le Koweït est confronté aux répercussions de la crise du coronavirus, qui a déclenché une forte baisse des prix du pétrole et de graves conséquences économiques pour les Etats du Golfe. Né en 1937, cheikh Nawaf est le cinquième fils du cheikh Ahmed Al-Jaber Al-Sabah, qui a dirigé le Koweït de 1921 jusqu'à sa mort en 1950. Désigné prince héritier en 2006, il avait auparavant servi comme ministre de la Défense en 1990 au moment de l'invasion de l'émirat par les forces irakiennes de Saddam Hussein. La guerre du Golfe s'est terminée en 1991 par l'intervention des Etats-Unis à la tête d'une coalition militaire internationale.
Après la libération du Koweït, cheikh Nawaf a été nommé ministre des Affaires sociales et du Travail, avant de prendre la présidence de la Garde nationale en 1994. Il est revenu au gouvernement comme ministre de l'Intérieur en 2003. Le nouvel émir est populaire au sein de la famille régnante des al-Sabah et il aurait été un choix consensuel. Il jouit également d'une réputation de modestie parmi les siens.