Le président tunisien, Kaïs Saïed, a déclaré lundi qu'il ne resterait pas "indifférent et pas non plus les bras croisés face à la chute des institutions de l'Etat", rapportent des sources médiatiques locales.
M.Saïed s'est exprimé en marge d'une réunion pour laquelle il a convoqué le président de l'Assemblée des représentants du peuple (ARP, Parlement), Rached Ghannouchi, ainsi que ses deux vice-présidents, Tarek Fetiti et Samira Chaouachi.
Lors de cette rencontre, le Président tunisien a insisté sur le fait que "les institutions de l'Etat doivent fonctionner d'une façon ordinaire", soulignant que "le blocage des travaux des institutions constitutionnelles n'est pas acceptable".
"L'Etat ne pourrait aucunement continuer à fonction de cette manière et dans pareilles circonstances : le texte constitutionnel me donne tous les moyens d'agir", a affirmé M. Saïed.
Il a reconnu, lors de cette réunion, que "la République est sur le point de vivre des moments des plus dangereuses de toute son histoire".
Les couloirs de l'Assemblée des représentants du peuple ne cessent de se tra nsformer, depuis plusieurs jours, à une scène de vives altercations partisanes mettant aux prises deux principaux clans : d'un côté, le parti islamiste Ennahdha (majoritaire) et ses principaux alliés, et de l'autre côté, le bloc du Parti destourien libre (PDL), dont le présidente Abir Moussi réclame la destitution du président du parlement et chef d'Ennahdha, Rached Ghannouchi. Ainsi, les travaux du parlement se trouvent paralysés, notamment l'élection des membres de la Cour constitutionnelle, qui n'arrive pas à voir le jour depuis plusieurs années.
Mise en échec d'un plan terroriste
Le ministère tunisien de l'Intérieur a annoncé, lundi soir, dans un communiqué, "la mise en échec d'un plan terroriste et le dévoilement d'un élément takfiriste appartenant à l'organisation terroriste Daech".
Les services de l'Unité nationale de recherche dans les crimes terroristes et du crime organisé touchant à l'intégrité du territoire national, en coordination avec les deux directions centrales de la lutte contre le terrorisme et des renseignements généraux, ont pu suite à "une opération anticipative mettre en échec un plan terroriste et démasquer un élément takfiriste non connu par les services de sécurité et appartenant à Daech", a indiqué la même source.
"L'élément takfiriste planifiait une attaque ciblant une patrouille déployée dans l'un des gouvernorats du sud avec un engin explosif, dont le matériel destiné à sa fabrication a été saisi", a précisé le communiqué.
Cet individu est tombé dans le filet de la police en coordination avec le parquet près le pôle judiciaire de lutte contre le terrorisme, ce qui l'a empêché d'exécuter son plan terroriste, a fait savoir le ministère, ajoutant que l'enquête se poursuit.