Société

Presse/éthique et déontologie La première et seule expérience était «prématurée»

Publié par Dknews le 12-06-2014, 17h26 | 25
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La seule et unique expérience de mise en place d’un Conseil d’éthique et de déontologie de la presse algérienne fut un échec «cuisant», car sa création était «prématurée», a estimé l’ancien directeur du journal le Soir d’Algérie et président de ce défunt conseil, Zoubir Souissi.

L’ancien président de l’unique Conseil d’éthique et de déontologie qu’ait connu la presse algérienne depuis la loi 90-07 du 3 avril 1990, relative à l’information a expliqué, dans un entretien à l’APS, que l’initiative de mettre en place une instance de régulation a échoué parce qu’elle était «prématurée» et les membres de la corporation n’étaient pas encore «préparés». 

Outre «l’absence de volonté politique pour sa création», il y avait également, selon lui, des problèmes «plus urgents» à prendre en charge au sein de la presse, notamment en ce qui concerne la formation  des journalistes car, considère-t-il, un journaliste «qui n’a pas de formation est plus à même de transgresser les règles d’éthique et de déontologie de la profession». 

Zoubir Souissi, dont le mandat a expiré en 2004, a étayé ses propos en soulignant que les membres de cette instance ont dû attendre deux ans pour se voir attribuer un local, et cette instance de régulation n’avait pas de subvention pour pouvoir fonctionner.

Il a relevé, toutefois, que le conseil, durant sa période d’existence, a eu à traiter une quarantaine d’affaires dont une entre l’agence nationale d'information APS qui s’est considérée diffamée par le journal El Watan.

«Beaucoup n’y ont pas vraiment cru surtout qu’il était présidé par un éditeur privé jusqu’à ce qu’on tranche en faveur de l’APS», a-t-il relaté, ajoutant que le conseil avait formulé des recommandations à l’amiable, mais «cela n’a pas été appliqué», déplore Souissi.

Il a également précisé que le conseil n’avait pas de prérogatives pour pouvoir intervenir, citant des exemples à travers le monde à l’instar de l’expérience suédoise où le Conseil d’éthique est une «autorité suprême» ou encore en France où il dispose de larges attributions allant jusqu’à nommer des directeurs de chaînes de télévision.

Le Conseil d’éthique et de déontologie a été créé en avril 2000 à l’initiative de journalistes «qui avaient bénéficié des encouragements» du ministre de la Communication, Abdelmadjid Tebboune, note M. Souissi.

Lors d’une assemblée générale, à laquelle avaient pris part plusieurs dizaines de journalistes, une charte d’éthique et de déontologie, élaborée par un groupe de travail et inspirée de ce qui se fait dans d’autres pays, a été adoptée, alors que les membres du  conseil ont été élus un mois plus tard, pour un mandat de quatre (4) ans qui n'a jamais été renouvelé.

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